MÉMOIRES DE VINEUIL
y oyez, an sujet de ce moroeaa, let olMerrationt conteanet dans la Noiice, en tète de ce Tolume. Les éditions antéiienres à la n6tre le donnent tontes comme fiti»ant partie des Mémoires de la Roehejbitcauld, Elles le placent à la saite du fragment primitif des Mémoires sur la Régence (n* i de œt A^endice). Celles de Petitot (i8a6) et de Ifichaud (i838) l'y joignent aana séparation ni titre à part; les autres (i 66a- 1804) l'intitulent Guerre de Paris, Noos en reproduisons ici le texte tel que nous le trouvons dans un mannacrit, sans cote, conserré k la Roche- Guyon, dans lequel le titre est : Mémoires de M, da Fineuil. Nous n'indiquons va note, parmi les variantes des éditions, qne celles qui nons paraissent avoir quelque intérêt soit pour le fond, soit pour la langue. — Louis Ardier, sieur de Vineuil, était, dit Bussy Rabutin dans son Histoire amoureuse des Gaules (édition de M. L. Lalanne, 1857, tome II, Appendice, p. 387), « frère du président Ardier *, d'une assex bonne famille de Paris, agréable de ▼ÏMge, assex bien fait dé sa personne; il étoit savant, en honnête homme, il avoit Tesprit plaisant et satirique, quoiqu'il craignit tout, et cela lui avoit attiré aonvent de méchantes affaires. » Y. Cousin, dans Madame de Sablé (édition de l854« P*73). le qualifie de « bel esprit un peu subalterne, à moitié homme da naonde, à moitié homme de lettres, n 11 servit, avec beaucoup d'activité, la cause de Condéy et se trouva mêlé à un certain nombre d'aventures bmyantea« tellea qne la querelle de Jané et de Beaufort, an jardin Renard (Toyes ci-desans, p. 143 et note 5) . Ce fut lui qui eut charge de proposer à Mme de Cherreose le ma* riage de sa fille avec le prince de Conty, et qui, en janrier i65o, avertit M onsienr le Prince des mesures qu'on prenait pour l'arrêter. L'arrestation une fois accom* plie, il devint un des fauteurs les plus ardents de l'agitation excitée en faveur des Princes : « Je viens de recevoir avis de trés-bon lien, écrit Mazarin à le Tellier, à la date du la février i65o, que Vineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu'il peut dans Paris, en faveur du parti des princes prisonniers; mais qu'il tient continuellement des discours contre l'honnenr de la Reine et tendant à sédition, et à passer même à des attentats, pour faire entreprendre à d'autres, plus hardis que Ini, ce qu'il n'oseroit faire. J'en ai donné part à la Reine, qui me charge de vous prier d'en parler à Son Altesse Royale {Gaston duc d* Orléans) , pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Yineuil, soit en l'éloignant en qodqne lieu oà il ne puisse faire de mal. a (ATé* moires de MatfUeu Mole, Appendice du tome lY, p. 367.) £n effet, quelques jours après, Yineuil reçoit l'ordre de se retirer dans ses terres à Beanregard. Il est arrêté à Loches > à la fin de i65i {Mémoires du comte de Brienne^ le
I. Paul Ardier de Beaureeard, président en la chambre des comptes, auteur d'une Histoire des guerres dis la f^alteline et de Gênes, de 16a 4 à i65l. a. Blme de Motteville (tome III, p. 460) dit « à Poitiers ».
APPENDICE AUX MEMOIRES. 5oi
▼ieax, tome II, p. 191)» chargé de lettres de la part du prince de Condé; pais on le relâdie aussitôt. En i653, il se fait encore prendre, prenant de Flandre arec des messages semblables. En i655, à la suite d'uoe galanterie avec la princesse de Wittenberg, fille do maréchal de Châtillon, il est exilé à Tours, par les intrigues de son rival Tabbé Foucquet. On le retronve plus tard, en 167S [Lettres de Madame de Sépîgné^ tome IV, p. i36, 167 et note 7, 170 et 171), à Sanmur, «c bien vieilli, bien toussant et bien crachant, et dévot, mais toujours de Tesprit. » Mme de Sévigné dit ailleurs (Lettre du 90 novembre 1676, tome y, p. 149) que Vineuil se proposait d'écrire la vie de Turenne; rien n'en a paru j toute son œuvre littéraire se borne au fragment de Mémoires qne l'on va lire, et aux portraits de Mmes Comuel et d'Olonne, qui lui sont attribués dans la Galerie de portraits de Mademoiselle : vojfcx V. Cousin, Madame de Sablé ^ i854. p. ao8.
Il est quasi ' impossible d*ëcrire une relation bien juste des mouvements passés, parce que ceux qui les ont causes, ayant agi par de mauvais principes, ont pris soin dVn dérober la connoissance, de peur que la postérité ne leur imputât d'avoir dévoué à leurs intérêts la félicité de leur patrie. Outre cette raison , il est assez malaisé à celui qui écrit les affaires* de son temps, qu'il conserve ses passions si pures qu'il ne s'abandonne ou à la haine ou à la flatterie, qui sont les écueils ordinaires où la. vérité fait naufrage. Quant à moi, je me propose de faire un récit sincère et* désintéressé de ce qui s'est passé, pour laisser la liberté entière, à ceux qui le liront, du blâme et de la loiunge.
La France avoit déclaré la guerre, en Tannée i635, a la maison d'Autriche^, et la fortune avoit favorisé une si haute entreprise par tant d'heureux succès, qu'elle étoit victorieuse par tous les endroits où elle portoit ses armés. Nous avions pénétré dans le coeur de la Flandre, ayant assujetti toute la rivière du Lys''; l'on avoit porté en Allemagne la victoire jusqu'au Danube, par la fameuse bataille de Norlingue; le Milanois étoit le théâtre de la guerre d'Iulie; et, du o6té d'Espagne, nos conquêtes n'auroient pas été bornées par le