‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 527 sur 569 · Violence à son naturel · texte numérisé non relu

Violence à son naturel

1 1 • Voycs, entre antres, les Mémoire* Je lUte, tomt II, p. 86 et

APPENDICE AUX MEMOIRES. 52i

seroît une redite superflue : il faut seulement remarquer que cet députes ne voulurent pas consentir que le Girdinal y assistât, et qu*à la première entrevue Monsieur le Prince tc^moigna de la chaleur contre Viole, qui avoit mis en avant la liberté de Chavignj, parce qu*il ëtoit d'avis que l*on vuidat les matières contentieuses, et que Ton convint des règlements nécessaires dont Ton formeroit la déclaration du Roi, en vertu de laquelle Cliavigny recouvreroit sa liberté, comme il arriva par cette déclaration authentique du a 8 octobre *.

Après cette déclaration , qui donna quelque trêve aux divisions publiques, il arriva une brouilleric de cour qui troubla durant quelques jours Tunion qui étoit dans le Conseil. Elle se passa ainsi. Dès le commencement de la Régence, l'abbé de la Rivière, possédant absolument la faveur de M. le duc d'Orléans, avoit aspiré au cardinalat; et le cardinal Mazarin, pour le rendre plus attaché à ses intérêts, lui en avoit donné des espérances, dont il éludoit Texéeution, ne jugeant pas qu'il lui convint de souffrir dans le conseil du Roi une personne de même dignité que lui ; mais, de temps en temps, il lui procuroit des bénéfices pour entretenir sa bonne volonté. Néanmoins, à la naissance de ces troubles, il ne put se défendre des vives insistances* delà Rivière, pour lui donner la nom^ination de la France au chapeau , parce qu'il avoit besoin de l'entière' protection de M.- le duc d'Orléans; mais il crut, ou que, du côté de Rome, il y trouveroit des obstacles, qu^il fomenteroit sous main, ou même que le temps feroit naître des occasions à la cour qui en traverseroient Teffet. L*abbé envoie son agent à Sa Sainteté, qui lui donne assurance de sa promotion à la première qui se fera ; et, dans cette attente, il porte son maître à préserver du naufrage cette fortune si fort agitée du Cardinal. Comme il se croyoit au comble de ses désirs, le prince de Conti, qui ne s'étoit point encore déclaré pour le chapeau de cardinal, du moins que par une promotion extraordinaire, plus honorable à sa naissance, demande, à la persuasion de la cour, la nomination du Roi pour la première promotion ; on ne la lui peut refuser, et la concurrence de la Rivière est trop foible pour disputer cette préférence : si bien que, ne pouvant s'en prendre au prince de Conti, il s'en prend* au

I . Ou plutôt du a4. Yoyex ci-detsos, p. 520, note a. a. Insunccs. (i66a-i838.)

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