Du danger, (i
10. Un des abus financiers de Tanden régime, c'étaient les semestre* . Un magistrat semestre était celui qui n'était en fonction que six mois sur douze. C'était, grâce à la vénalité des offices, un moyen pour le pouvoir de se procurer des ressources extraordinaires, en doublant le nombre des titulaires. La cour des comptes, celle des monnaies, le grand conseil, le parlement de Metz, étaient lemeatret. L'abos de cet expédient était on des grandi grieCi mis en
54o APPENDICE AUX MÉMOIRES.
rent le prétexte de quelques articles pour la décrier, principalement le Coadjuteur, irrite de voir qu'ayant excité la guerre, elle ëtoit terminée sans lui, et que, de tous les avantages que son ambition lui avoit figurés, il ne lui restoit que la honte d'aYoir travaillé à renverser rÉtat.
Il s'étoit étroitement associé de M. de Beaufort, du crédit duquel il se servoit dans toutes les occurrences; et en celle-ci il n'oublia rien pour rendre le traité odieux envers les peuples, le Parlement et les généraux : il leur représentoit que, cette guerre n'ayant été faite que pour éloigner le Cardinal, il étoit conservé par cette paiX| même que l'arrêt du S" janvier * contre lui et les ministres étrangers avoit été révoqué. Où est donc le fruit de tant de peines et de souffrances', et si le Parlement ne tombera pas dans le mépris des hommes' par une telle lâcheté? Que même les généraux ont été abandonnés dans leurs intérêts \ au préjudice de l'union . Mais ce qui aigrissoit le plus * les esprits avec quelque sorte de raison, étoit que le Cardinal avoit signé le traité ; la plupart disoient qu'ayant signé, il y avoit nullité, puisque la conférence étoit contre lui, et qu'il y avoit lieu de s'étonner que les députés eussent souffert un homme condamné conférer* et signer avec eux. Lui et ses émissaires a voient provoqué par semblables discours le Parlement et les peuples, qui menaçoient les députés des dernières extrémités. Aussi , lorsque le Premier Président voulut faire la lecture du procès-verbal et des articles dans l'assemblée des chambres, il en ' fut empêché par de grandes clameurs et murmures des conseillers et par les plaintes des généraux ; mais, soit que, balançant les incommodités de la guerre civile avec la dureté des articles, la plus saine partie du Parlement jugea la paix nécessaire, ou que l'on s'aperçut que c'étoit l'ambition du Coadjuteur et de quelques particuliers qui leur inspiroit cette aliénation, la Compagnie passa* à renvoyer les mêmes députés à Saint-Germain, pour réformer trois articles, sans parler du Cardinal, et pour traiter des intérêts des généraux, qui seroient insérés dans la même déclaration.
avant par les Frondeurs. Le semestre avait été établi par Mazario en Prorence, et antérieurement, par Richelieu, en Normandie.