Le manuscrit porte bien ainsi ralluma^ à l'indicatif
6. Avoir n'est pas dans les textes antérieurs. 7* Qui ne se peuvent touf&ir. (1662*1754.)
Quelque temps devant les troubles, le Cardinal youlant établir le siëge de sa fortune en France, pour s'y appuyer de grandes alliances, avoit jetë les yeux sur le duc de Mercœur, qu'il destinoit pour épouser une de ses nièces ' . Il lui avoit fait permettre qu'il vint à la cour, que le duc de Vendôme retournât' en Tune de ses maisons*, et il avoit cessé sa persécution contre le ducdeBeaufort. Cela fit juger aux plus clairvoyants que le Cardinal, qui prévoyoit com> bien la protection de Monsieur le Prince lui seroit onéreuse avec le temps, tentoit toutes les voies possibles pour s'en passer ; mais qu'il espéroit, ayant apaisé les mécontents de la Régence, et aussi par les nouveaux appuis qu'il prendroit, se délivrer de sa dépendance. Ce projet fut interrompu par la guerre, et repris quelque temps après la paix, lorsque la courétoit à Complègne, où le duc de Vendôme, qui yétoit, n'oublioit aucun soin* pour le faire réussir. La Reine en parla à Monsieur ICrPrince, qui n'osa contredire cette proposition^ soit qu'il n'en prévit pas ou méprisât les conséquences, ou plutôt qu'il craignit l'éclat qui arriveroit par ce refus ^; mais Mme de Longueville •, qui s'étoit rétablie dans l'esprit de son frère avec plus de pouvoir qu'auparavant, poussée par des raisons qui regardoient ses plaisirs, préférablement à l'avantage de Monsieur le Prince, lui lit pénétrer l'intention du Cardinal, exagérant son ingratitude de s'allier avec la maison de Vendôme, ennemie de la sienne. En effet. Monsieur le Prince fut si fort touché de ces discours que, par une mauvaise politique, il ne garda plus aucune mesure envers le Cardinal, et n'épargna ni raillerie ni invective contre sa personne et ce prétendu mariage. Le Cardinal, à qui ce procédé n'étoit pas inconnu, se plaignoit hautement de l'opposition que Monsieur le Prince faisoit au mariage de sa nièce avec le duc de Mercœur, puisqu'il' ne s'étoit pas opposé à celui de Mlle d'Angouléme avec M. de Joyeuse', affectant par cette comparaison une égalité
I. Sur ce projet de mariage entre le dac de Merccenr et Lanre de Manrini, vojex ci -dessus, p. 149 et i5o.
a. Il lui aToit fait permettre de venir à la cour et au duc de Vendôme de retourner. (i688-x754-)