‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 3)Chapitre 75 sur 569 · Qu'il m'avoit rendue · texte numérisé non relu

Qu'il m'avoit rendue

8. Je le trouvai froid et sérieux, et je n'entrai point. (1817, sCt 38.)

4o MÉMOIRES. [i638]

trouvai bien heureux d'être sorti de prison dans un temps où personne n'en sortoit, et de retourner^ àVerteuil sans qu'on eût été averti que j'étois chargé des pierreries de Mme de Chevreuse.

La Reine me fit parohre avec tant de bonté qu*elle ressentoit vivement tout ce qui m'arrivoit pour son servîcef et Mlle de Hautefort me donna tant de., marques d'estime et d'amitié, que je trouvai mes disgrâces trop bien payées. Mme de Chevreuse, de son côté, ne me témoignoit pas une moindre reconnoissance, et elle avoit tellement exagéré ce que j'avois fait pour elle, que le roi d'Espagne ' l'alla voir, sur la nouvelle de ma prison, et lui fit encore une seconde visite quand on apprit ma liberté. Les marques d'estime que je rccevois des personnes à qui j'étois le plus attaché, et uue certaine approbation que le monde donne assez facilement aux malheureux quand leur conduite n'est pas honteuse, me firent supporter avec quelque douceur un exil de deux ou trois années*. J'étois jeune; la santé du Roi et celle du Girdinal s'aObiblissoient, et je devois tout attendre d'un changement. J'étois heureux dans ma famille ; j'avois à souhait tous les plaisirs de la campagne^; les provinces voisines étoient remplies d'exilés, et le rapport de nos fortunes et de nos espérances rendoit notre commerce agréable. On me permit enfin d'aller à l'armée

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