‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 100 sur 364 · Var. : tiDlài pour la gloire. (166S · texte numérisé non relu

Var. : tiDlài pour la gloire. (166S

6. Yar. : La clémence est un mélange de gloire^ de paresse et de

xvn

La modération des personnes heureuses vient du calme que la bonne fortune donne à leur humeur^, (éd. i*.)

xvm

La modération est une crainte de tomber dans T envie et dans le mépris que méritent ceux * qui s'enivrent de leur bonheur' ; c'est une vaine ostentation de la force de notre esprit; et enfin ^ la modération des hommes dans leur plus haute élévation est un désir de paroître " plus grands que leur fortune *. (éd. i *.)

crainte f dont nota faisons une vertu. {Manuscrit,) — Aimé-Martin (Examen critique des Maximes, p. aa-a4) '^oit dans cette pensée nne allusion à la reine Anne d'Autriche.

I. Yar. : La modération des personnes heureuses est le calme de leur humeur, adoucie par la possession du bien, (i665.) — YauTenargues objecte (p. 77] : c La bonne fortune ne fait qu'irriter les désirs des esprits naturellement immodérés. »

3. Var. : La modération est une crainte de l'envie et du mépris qui suivent cenx.... (i665.) — Envie est pris dans le sens qu'a souvent le latin invidia, de c haine (encourue). » — Il y a dans le bldmt au manuscrit.

3. L'annotateur contemporain, que nous citons d'après Duplessis, ajoute : c Au lieu de s'enivrer de leur bonheur, ils s'enivrent de leur modération. >

4. Après enfin^ il y A dans le manuscrit : c pour la définir intime^ ment, > et dans l'édition de i665 : € pour la bien définir, »

5. Vab. : .... dans leurs plus hautes élévations est une ambition de paroitre.... (i665.)

6. Dans les quatre premières éditions : c plus grands que les choses qui les élèvent. B — J. Esprit (tome II, p. 60) : c Ceux qui ne s'éblouissent point de leur faveur sont modérés , aGn qu'on croie que, quelque grande que soit leur élévation, leur âme est encore plus grande que leur fortune. > — Si l'on en croit Mme de Motteville, citée par Aimé-Martin (p. a4), Mazarin c affectoit d'être froid quand ses affaires alloient bien, pour faire voir qu'il ne s'emportoit pas dans

Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d' autrui^, (éd. i.]

La constance des sages n'est que Tart de renfermer* leur agitation dans le cœur', (kd. i *.)

Ceux qu'on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n'est en effet que la crainte de Tenvisager * j de sorte qu'on peut

la prospérité. » — Voyez les maximes agS et 565. — VauTenargues (p. 77) : « Il y a une modération de tempérament, où la réflexion n'a point de part. Tous ceux qui sont continents ne le sont point par raison ; on pourroit en nommer qui sont nés chastes. La nature a fait d*autres hommes modérés dans leur ambition, comme ceux-ci le sont dans leurs plaisirs. >

I. C'est le sens du proverbe : c Mal d'autrui n^st que songe. 1 — Swift a dit d'une façon plus piquante encore : a Je n*ai jamais conna personne qui ne fût capable de supporter le malheur des autres en parfait chrétien. >

a. Va». : n'est qu'un art avec lequel ils savent enfermer, (i665.)

3. Les quatre premières éditions donnent: a dans leur cœur. > — Vauvenargues rcf)ond (p. 78) : « La constance des sages peut être fondée sur le sentiment qu'ils ont de leurs ressources ; * et il développe cette pen.séedans la 3o«des Réflexions sur divers sujets (Œuvres, p. 91), et dans le 6® Conseil à un Jeune homme (p. 119 et lao). — La Harpe s'écrie (tome VU, p. a 5 6) : « Où est la preuve de cette assertion générale? Restreignez-la, elle sera aussi vraie que commune; énoncée comme elle Test, elle est démentie par cent exemples. »

4. Merc {maxime 76) : < La crainte de la mort est plus sensible que la mort même. 9 — Publius Syrus :

Mortem timere crudelius est quam mori,

La Bruyère (de P Homme, n^ 36) a ainsi traduit cette sentence : c II

dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau^ est à leurs yeux^ (éd. i *.)

XXU

La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir *, mais les maux présents triomphent d'elle*. (ÉD. I*.)

Peu de gens ronnoissent la mort : on ne la souffire pas ordinairement par résolution, mais par stupidité et par coutume^, et la plupart des hommes meurent parce qu'on ne peut s'empêcher de mourir*, (éd. i *.)

est plus dur de Tappréhender {la mort) que de la sonfTrir. > — Pascal dit de son côté {Pensées^ article YI, 58) : c La mort etC plu« aisée i supporter sans y penser, que la pensée de la mort sans péril. «

I . Yam. : Ceux qu*on fait mourir affectent quelquefois des con^ sianceSp des froideurs^ et des mépris de la mort, pour ne pas penser à elle (le manuscrit ajoute : et pour s'étourdir : de sorte qu'on peut dire que ces froideurs et ces mépris font à leur esprit ce que le bandeau (manuscrit : le mouchoir) fait à leurs yeux. [Manuscrit et i665.) — Yoyez les maximes a3, 4^ ^ So^, — Dans la maxime 420, Tautenr dira à peu près la même chose de la constance dans les mallieurs,

3. Yab. : des maux passés et de ceux qui ne sont pas prêts d^ar^ river. (i665.)

3. Yar. : La philosophie ne fait des merveilles que contre les maux passés ou contre ceux qui ne sont pas prêts tl^ arriver ^ mais elle n*a pas grande vertu contre les maux présents. {Manuscrit.)

4. Yab. : on la souffre , non par la résolution, mais par la stupidité et par /a coutume. {Manuscrit,) — Montaigne {Essais^ livre III, chapitre ix, tome III, p. 477 ^ 47^) : c le me plonge, la teste baissée , stupidement dans la mort, sans la considérer et recognoistre. »

5. Yab. : et la plupart des hommes meurent parce qu*on meurt, {Ma* nuscrit et i665.) — L'annotateur contemporain qualifie de galimatias la première phrase de cette maxime^ et objecte : c Gomment connoître une chose que Ton ne peut voir que dans les autres? > — Yauvenargues (maxime 848, Œuvres^ p. 484) : c La gloire et la stupidité

/iO RÉFLEXIONS OU SENTENCES

Lorsque les grands hommes se laissent abattre par la longueur de leurs infortunes, ils font voir qu'ils ne les soutenoient que par la force de leur ambition, et non par celle de leur àme, et qu'à une grande vanité près*, les héros sont faits comme les autres hommes'. (kd. I *.)

cachent la mort, sans triompher décile. > — Voyez plus haut la maxime 31, et ci-après les maximes 46 et 5o4«

I. Au lieu de : c ils font voir, etc., i ou lit à^n^Xe Manuscrit : 9 cela fait Toir manifestement qu'à une grande vanité près.... » — Dans la i^* édition (i665), cette pensée est ainsi rédigée : c Les grands hommes s*abattent et se démontent à la fin par la longueur de leurs infortunes; cela fait ^i<?/i voir qu*ils n^étoient pas forts quand ils les supportaient y mais seulement quils se donnaient la gêne pour le paroitre^ et qu'ils soutenoient leurs mallieurs par la force de leur ambition, et non pas^par celle de leur ftme; enfin, à une grande vanité près.... »

a. J. Esprit dit absolument de même (tome II, p. 310): a A hi vanité près.... ils (les héros) iont faits comme les autres hommes.» — Montaigne avait déjà dit (Essais, livre II, chapitre xii, tome II, p. 31 5) : c Les ftmes des empereurs et des sauatiers sont iectées à mesme moule. » — Pascal dit par deux fois : (article VI, a 8 et 3o) : c Les grands et les petits ont mêmes accidents, et mêmes fâcheries, et mêmes passions. » — c Quelque élevés qu'ils soient (les grands kom^ mes\ si sont-ils unis aux moindres des hommes par quelque endroit. 1 — Vauvenargues dit à son tour (maxime 5 16, OEuvres, p. 448) : c Les grands rois, les grands capitaines, les grands politiques, les écrivains sublimes sont des hommes.... » Mais dans sa Critique (p. 78), il répond en ces termes à notre auteur : « Lorsqu'un homme n*e«t pas assez fort pour supporter le malheur, je ne crois point qu'il puisse être capable d'une forte ambition, et surtout de celle qui fait supporter de longues infortunes : ce que M. de la Rochefoucauld appelle la force de t* ambition n'est donc autre chose que la force de rame, et Tauteur les sépare mal à propos. j4 une grande vanité près, les héros sont faits ^ dit-il, comme les autres hommes; c'est encore abuser des termes que d'appeler l'amour de la gloire une grande vanité, et je ne conviens point de cette définition. D'ailleurs, plus un homme a de vanité, moins il est capable d'héroïsme; il est donc faux de dire

D faut de plus grandes vertus * pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise', (éd. i*.)

Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement'. (ÉD. i.)

On fait souvent vanité des passions même les plus criminelles; mais l'envie* est une passion timide et honteuse* que Ton n'ose* jamais avouer, (éd. i*.)

que c'est une grande vanité qui fait les héros, puisque c^est, au contraire, le mépris des choses vaines qui les rend supérieurs aux autres hommes, s — Vauvenargues insiste sur cette dernière pensée , dans une variante : c L*héroïsme est incompatible avec la vanité , et n'a ni les mêmes effets, ni la même cause : plus grande est la vanité, plus foible est Tamonr de la gloire. »

I. L'édition de i665 ajoutait : « ei en plus grand nombre. » a. Tacite {Histoires, livre I, chapitre xv) : Secundm res acrioribus stîmulis ammos explorant, quia miserim tolerantur, felîcitate corrumpi" mur. c La prospérité est pour le cœur humain une épreuve plus rigoureuse (^/««roi/f^tfrji/tf); car on supporte le malheur, mais le bonheur corrompt. >

3. Cicéron pensait, au contraire, que la méditation de la mort est le seul moyen de repos pour l'esprit : Sine qua (mortis) meditatione tranquillo esse animo nemo potest [de Senectute , chapitre xx , 74). — Vauvenargues (p. 78) reproche à la Rochefoucauld d'avoir donné le soleil comme image de la mort. Cette observation tombe à faux : la Rochefoucauld a simplement rapproche les deux termes, et un rapprochement n'est pas une image.

4. L'édition de i665 commence ainsi : c Quoique toutes les passions se dussent cacher, elles ne craignent pas néanmoins le jour ; la seule envie.... »

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