‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 104 sur 364 · Voyez la fin de la maxime · texte numérisé non relu

Voyez la fin de la maxime

6. Cette maxime, dit Amelot de la Houssaye, fait allusion à Bfa-

L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même^ celui de désintéressé.

(ÉD.I*

L'intérêt, qui aveugle les uns, fait la lumière des autres*, (bd. I *.)

Ceux qui s'appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes '. (éd. i.)

uurin -, et par confléqaent^ aurait-il pu ajouter, k Anne d* Autriche. — Racine, dans ses Fragments historiques^ explique ainsi la conduite rie Mazarin : cLa raison pourquoi le Cardinal différoit tant à accorder les grâces qu*il avoit promises, c'est qu^il étoit persuadé que Tespérance est bien plus capable de retenir les hommes dans le de- Toir que non pas la reconnoissance. » — Tacite aTait déjà dit, en parlant de Vitellius (Histoires y livre III, chapitre x.Yin) : Largus promissi^f et^ qum natura trepidantium est , immodicus, c II n*était pas avare de promesses ; il en était prodigue, comme les gens qui ont peur. >

I. Yar. : et même. (i665.)—J. Esprit (tome I, p. $94) : c L'intérêt joue lui seul ce nombre infini de personnages qu*on voit sur le théâtre du monde. » — Vauvenargues (p. 84) trouve cette pensée commune. — Voyez la maxime 246.

a. Var. : L^intérét, à qui on reproche tt aveugler les uns, est ce qui fait toute la lumière des autres. {Manuscrit,) — ,,.,est tout ce qui fait la lumière des autres. (i665.)

3. L'auteur pensait probablement à Louis XIII, dont il dit tout an commencement de ses Mémoires : c U avoit un esprit de détail appliqué uniquement à de petites choses. 1 — Fénelon (Télémaque^ livre XXII) : « Un esprit épuisé par le détail est comme la lie du vin, qui n*a plus ni force, ni délicatesse. 9 — Vauvenargues {maxime a3o, Œuvres ^\i. 403.) : c ....Si l'on en voit quelques-uns (^iitf^ifei hommes) que la spéculation des grandes choses rend en quelque aorte incapables

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Nous n'avons pas assez de force ^ pour suivre toute notre raison*, (éd. i*.)

des petites, on en trouire encore davantage à qui la pratique des petites a ôté jusqu'au sentiment des grandes. » — Par contre^ Vau- Tenargues (dans sa maxime 55a , p. 45i) pense que c les grands hommes le sont quelquefois jusque dans les petites choses; 9 et, revenant à la charge dans sa Critique de la Rochefoucauld (p. 79), il estime c qu^il seroit plus vrai de dire » que ceux dont il s*agit sont nés incapables des grandes. — Tacite {Annales^ livre Xin, chapitre xux) fait dire à Thraséas : Magnarum rerum curam non dis" simuIaturoSf qui animum etiam ievissimis adverterent, c Que des yeax ouTerts sur les plus petites choses ne se fermeraient pas sur les grandes. 9 — ïfxm autre côté, Ph. de Comines, cité par Amelot de la Houssaye, blâme Louis XI du soin minutieux qu'il mettait aux plus petites affaires ; mais Tacite (^Annales, livre IV, chapitre xxxii) dit encore : . .. Primo adspectu levia, ex queis magnarum sape rerum motus orîuntur. c Telle chose, au premier regard, parait peu importante , qui produit souvent les plus grande effets. 1 — La Bruyère (^du Sou* verain ou de la République^ nP 34, tome I, p. 38i) loue dans Louis XIV la science des détails; mais Saint-Simon et Fénelon lui en font un reproche. « Son esprit, dit le premier, naturellement porté au petit, se plut en toutes sortes de détails » (^Mémoires f tome XII, p. 400). — ff L'habileté d'un roi, dit le second,... ne consiste pas à tout faire par lui-même.... Vouloir examiner tout par soi-même, c'est défiance, c'est petitesse ; c'est se livrer à une jalousie pour les détails qui consument le temps et la liberté d'esprit nécessaires pour les grandes choses $ (TélémaquCf livre XXII). — Voyez la maxime 569, et comparez ayec la i6« des Réflexions diverses, où la Rochefoucauld revient sur cette pensée, et se rapproche du sens de Vauvenargues.

I. Vab. : pas assez de forces, (1671 et 1675.) — Voyez ci-dessus, p. 43, note 5.

a. Aimé- Martin (p. 34) rappelle que cette pensée fut ainsi retournée par Mme de Griguan : c Nous n'avons pas assez de raison pour employer toute notre force ; 1 et que Mme de Sévigné trouvait cette maxime plus vraie que celle de la Rochefoucauld. Voyez les Lettres de Mme de Sévigné^ tome VI, p. 537. Du reste, la Rochefoucauld lui-même donnait raison par avance à Mme de Grignan, dans la

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Uhomme croit souvent se conduire lorsqu'il est conduit^, et pendant que par sob esprit il tend à un but^, son cœur l'entratne' insensiblement à un autre ^. (éd. i *.)

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La force et la foiblesse de Tesprit sont mal nommées;

maxime 3o, où il reconoait qae nous avons plus de force que de volonté, — i f L*homme, dit Pascal (Pensées^ article XXV, 27), n^agit point par la raison qui fait son être. » — Sénèque {épiire lxxiy) pensait de son côté que la raison nous donne toujours assez de force, mais à la condition qu'on l'aime : Ama raiionem ; kujus te amor co/itra durissîma armabit, f Aime la raison ; cet amour t'armera contre les plus mdes épreuves. » — La Bruyère {de F Homme , n» 187) : c Pose presque assurer que les hommes savent encore mieux prendre des mesures que les suivre, résoudre ce qu'il faut faire et ce qu'il fant dire , que de faire ou de dire ce qu'il faut . 1 — ^ Voyez la maxime a 43.

I. Var. : L'homme est co^^/mV , lorsqu'il cro// se conduire. (i665.)

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