CXXXVIII
On aime mieux dire du mal de soi-même que' de n*en point parler, (éd. i*.)
Une des choses qui fait que Ton trouve si peu de gens qui paroissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne' qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit ^. Les plus habiles* et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive , au même temps que l'on voit , dans leurs yeux et dans leur esprit, un égarement pour ce qu'on leur dit , et une
I. Yâb. : Qaand la yanité ne fait point parler, on n'a pas enpîe iU dire grtuut chose, (i665.) — VauTenargQes déreloppe cette pensée dans wou ^* Fragment. {pEuvres posthumes et OEuvresinédites ^ p. 65«67.)
a. Va«. : .... de soi que.... (i665.) — Mme de Sévigné (tome IV, p. i85) applique cette réflexion à Mlle d*Aumale. — Mme de Lodgaeville {Examen de conscience ^ adressé à M. Singlîn en 1 661, et oîté par M. Sainte-Beuve, Portraits de Femmes, 1863, p. 3o4) : cL*amoiirpropre fidt qu*on aime mieux parler de soi en mal que de n*en rien dire du tout, i Voyez plus loin, à la maxime 345, une semblable rencontre du duc de la Rochefoucauld avec Mme de Longueville. — La Bruyère {de CHomme, n^ 66) : c Un homme vain trouve son compte à dire du bien ou du mal de soi ; un homme modeste ne parle point de soi. » — Voyez les maximes 3 14, 364 et 383»