Var. : que par Uur mérite, (i
7. Var. : et nous nous louons en effety lorsqu'il semble que nous
On n*aime point à louer, et on ne loue jamais personne intérêt*. La louange est une flatterie habile, cachée, et délicate, qui satisfait différemment celui qui la donne et celui qui la reçoit : Tun la prend comme une récompense de son mérite ; Fautre la donne pour faire remarquer son équité et son discernement*, (éd. i .)
Nous choisissons souvent des louanges empoisonnées qui font voir, par contre-coup, en ceux que nous louons, des défauts que nous n'osons découvrir d'une autre sorte*. (ÉD. I*.)
On ne loue d^ordinaire ^ que pour être loué. (éd. i*.)
leor donnons det louanges, (i665.) — Voyez les maximes 144» i4^i «79, 356 et 53o.
I. Duclofl (tome I, p. 97, Considérations sur les mœurs de ce siècle , chapitre ui) : c Let louanges d*aujoardliui ne partent guère que de l'intérêt. >
s. Voyez les maximes i43i 146» ^^^ ^^ 53o.
3. Var. : .... que nous n*08ons découTrir autrement. Nous élevons Im gloire des uns pour abaisser par là celle des autres ^ et on loueroit moins Monsieur le Prince et jtf . de Turenne, si on ne les youloit point blâmer tous deux. (166 5 A,BetC.)La contrefaçon que nous indiquons par i665 D n*a pas cette addition. La maxime y finit à autrement, Cest k partir de la a* édition (1666) que la dernière phrase citée dans cette note forme une maxime séparée, sons le n^ 198. — Tacite Çdgri" eoU , chapitre xu) : Pessimum inindcorum genus laudantes, c II n'y a pire ennemi que le flatteur. » — Voyez les maximes 148 et 198.
4. L'édition de i665 n'a pas : d'ordinaire, — Voyez les maximes 943, z44) 356 et 53o. — Cette pensée se retroure mot pour mot (sauf ordinairement f pour d'ordinaire) dans les maximes de Meré , sous le no 3$i.
Pen de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est ut3e à la louange qui les trahit ^ (^d. i*".)
n y a des reproches qui louenti et des louanges qui médisent*, (éd. i.)
Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois*. (^D. I.)
I. Yab. : .... pour aimer mUwtlt blâme qni leur sert que lalouange <pki les trahit. (i665.) — Vitellius, «a dire de Tacite, était de cenx-là (Histoires, lirre III, chapitre lti) : .... Ita formatis Prine^fU umièuSf ut aspere qum utilia, née quidquam nisi jucundum et Imsumm acciperet. c Les oreilles du Prince étaient ainsi faites, que les conseils utiles lui étaient insupportables; il n'écoutait que ceux qui lui étaient agréables, dussent- ils lui nuire. » — cCestque, dit l'aMbé de la Roche, peu de personnes mettent en pratique ce beau yen de Caton le poëte (lirre I, distique 14) :
Quum te aliquis laudat^ j'udex tuus esse mémento,
c Ixnrsqn*on te loue, n'oublie pas de te faire ton propre juge. » — Salomon dit de son côté (lùçre des Proverbes, chapitre xm, Tcrset 18) : Qtd acqmeseit arguenti glorifieabitur, c Qui accepte le blâme sera glorifié, a
a. Pline le Jeune (liTre III, lettre xn) : tta reprehendit ut laudêt, c U blâme d'une façon qui loue.» — Voyez les maximes i45 et
3. J. Esprit (tome II, p. 76) : cLa modestie qui, en apparence, ne peut souffrir les louanges, en est une secrète recherche. » ^ Voyez les maximes 184, 827, 383, 554v ^96, et ci-dessns, p. 7 et note ly le Portrait de la Roche foucauld par lui-^me.
9a RÉFLEXIONS OU SENTENCES
Le desir de mériter les louanges qu'on nous donne fortifie notre vertu, et celles que Ton donne à Tesprit, à la valeur et à la beauté contribuent à les augmenter^. {iD, I.)
eu
Il est plus difficile de s'empêcher d'être gouverné que de gouverner les autres*, (éd. 2.)
I . Cette pensée réunit dans une rédaction plus courte et plus précise let moxiWiSgS et $99 (i55* et i56« de l'édition de i665). — Mme de Sablé dit à peu près dans le même sens (maxime 70) : f La honte qu'on a de se Yoir louer sans fondement donne souvent sujet de faire des choses qu'on n'auroit jamais faites sans cela. > — Vauvenargoes {maxime a43f Œuvres, p. 4o3) : « Quelque vanité qu'on nous reproche, nous avons besoin quelquefois qu'on nous assure de notre mérite. » — Le sénat romain, dit Tacite {Annales, livre XIII, chapitre xi), comblait Néron de louanges, utjuveniUs animas, levium quo^ ^Ête rerum gioria sublatus^ majores continuaret, c Afin que son jeune o»nr, sensible k la gloire des petites choses, s'élevât k de plus grandes. » — Voyez les maximes aoo et 370.
1. Aimé-Martin (p. 63) cite, k ce sujet, un passage de Plutarque, traduit par Amyot {Apophthegmes des rois et capitaines) : Thémistode disait que son fils était le plus puissant homme de la Grèce, f pour ce que les Athéniens commandent au demourant de la Grèce, ie commande aux Athéniens, sa mère k moy, et luy k sa mère, a — Tacite {Agricoia, chapitre xix) : A se smsque orsus, primam domum suam coercuit, quod plerisque haud minus arduum est quam provineiam regere. c Conunençant par lui-même et par les siens, Û régla sa maison, ce qui, pour la plupart des hommes, est plus difficile que de gouverner une province. 1
CLH
Si nous ne nous flattions point nous-mêmes, la flatterie des autres ne nous pourroit nuire ^ (bd. i*.)
CUII
La nature fait le mérite, et la fortune le met en œuvre*, (éd. i.)
La fortune nous corrige de plusieurs défauts que la raison ne sauroit corriger*, (bd. 3*.)
n y a des gens dégoûtants avec du mérite, et d'autres qui plaisent avec des défauts^, (éd. i*.)
I. Var. : .... ne nous ferait jamais de mal, (i665.) — Voyez les maximes 3, i58 et 600.
1. c Mais souvent, dit Tannotateur contemporain, Tourrage l'emporte : materiam superabat opus, 1 (Ovide, Métamorphoses ^ livre II, vers 5.) — La Bruyère {du Mérite persorMely n» 6, tome I, p. i5a) : f Le génie et les grands talents manquent souvent, quelquefois auni les seules occasions. > — On peut rattacher à la pensée de la Ro* chefoacauld la maxime 67 de Mme de Sablé : c C'est un défaut bien commun de n*étre jamais content de sa fortune, ni mécontent de son esprit. > — Voyez les maximes 53, $7, 58, 60, i65, 38o, 470, 631, et la 14* des Réfiexipns diverses. — Vauvenargues {maxime ^yg^OEwreSp p. 4^5) : t .... La fortune, qu'on croit s^ souveraine, ne peut presque rien sans la nature. »
3. Vab. : La fortune noviê corrige plus souvent que la raison, {Manuscrit,)
4. Var. : Comme il jr a de bonnes viandes qui affadissent le cœWf il jr a un mérite fade^ et des personnes qui dé/goûtent avec des quoRtés bonnes et estimables (i665 D : et inestimables). (i665.) — Voyez les maximes 90, a5i, 273, 354» ^^ ^ 3* <^^ Réflexions diverses.
Il y a des gens dont tout le mérite ^ consiste à dire et à ikire des sottises utilement, et qui gàteroient tout s'ils changeoient de conduite '• (éd. i*.)
CLVn
La gloire des grands hommes se doit toujours mesurer aux moyens dont ils se sont servis pour racquérir*. (iD. i\)
CLVm
La flatterie est une fausse monnoie , qui n*a de cours que par notre vanité*, (éd. 5.)
I. Vab. : U y a des gens dont le mérite.... (i 665.) 9. c Tel étoit de nos jours, dit Amelot de la Honssaye, le comte de Bantni ; • mais l'obserration de la Rochefoucauld a une portée plus générale : il entend sans doute désigner ceux dont il parle dans la précédente maxime^ c qui plaisent avec des défauts. 9 — Voyez les maximes ao8 et Sog.
3. Vab. : La gloire des grands hommes se doit mesurer aux moyens ^a*ils ont eus pour Tacquérir. (i665.} — Cette pensée a, au fond, le même sens que la maxime i6o.
4. Voyez les maximes 9, i5a et 600. — Pascal {Pensées^ article H, 8) : c On nous traite comme nous voulons être traités : nous haïssons la Térité, on nous la cache ; nous voulons être flattés, on nous flatte ; nous aimons à être trompés, on nous trompe. 1 — Duclos (tome I, p. loi, Considérations sur les mœurs de ce siècle ^ chapitre m): c L'adulation même dont l'excès se fait sentir produit encore son effet. Je sais que tu me flattes^ disait quelqu'un, mais tu ne nCen plais pas moins, »
eux
Ce n'est pas assez d'avoir de grandes qualités; il en faut avoir l'économie ^ (^d. i.)
Quelque éclatante que soit une action, elle ne doit pas passer pour grande, lorsqu'elle n'est pas l'effet d*an grand dessein '. (éd. i*.)
U doit y avoir une certaine proportion * entre les actions
I . Véconomie, c*est-à-dire U bon usage, — Âmelot de la Houssaye cite ce que Tacite dit de Brutidius, au lirre III des Annales^ chapitre LXTi. — Voyez les maximes 343 et 437.
9. Vab. : On se mécompte toujours , guand les actions sont piuM grandes que les desseins. {Manuscrit,)"^ On se mécompte toujours dan» U jugement que ton fait de nos actions, quand elles sont plus grandes que nos desseins. (i665.) — La Bruyère (du Mérite personnel, n** 41» tome I, p. 168) : c Le motif seul fait le mérite des actions des hommes. » — Voyez les maximes 7 et 57. — II y a bien de l'apparence que cette maxime a trait au cardinal de Retz (voyez ci-dessoi, p. 19, \e Portrait de ce dernier par la Rochefoucauld); peut-être regarde-t-elle aussi Mazarin, dont Fauteur dit dans ses Mémoires .* c H ayoit de petites rues, même dans ses plus grands projets. » — La Harpe (tome Vil, p. a63) répond k la Rochefoucauld : e Oui, dans tout ce qui suppose de la réflexion ; mais dans ce qui est instantané, dans ce qui est l'effet d'un sentiment prompt, dans tout ce qui tient à la pitié généreuse, dans ce qui est l'élan du courage, dans l'oubli de sa yie et de ses intérêts, n'y a-t-il point de grandeur ? 1 — La Harpe n'oublie qu'une seule chose, e'est que l'auteur, dans tout le cours de son livre, nie la pitié généreuse, le courttgtf le désintéressement, et que dès lors il est conséquent avec luimême.