‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 141 sur 364 · Va*. : et enfin · texte numérisé non relu

Va*. : et enfin

3. Vaji. : on pleure pour être plaint, ou pour être pleuré, et on pleure quelquefois de honte de ne pleurer pas. {Manuscrit et i665.) — Comme ceux dont parle Sénèque {de Tranquillitate animi, chapitre xv) : Plerique,.,. lacrjrmas fundunt, ut ostendant,,,, turpe judhcontes non flere, c La plupart yersent des larmes pour les faire Toir..., pensant qu'il y a de la honte à ne pleurer pas. » — Charron [de la Sa~ geucy livre I, chapitre xxxix) : c Faire l'attristé, l'afQigé, et pleurer en la mort ou accident d'autruy, et penser que ne s'esmouuoir point ou que bien peu, c'est fanlte d'amour et d'affection, il y a aussi de la yanité. »

4. Yar. : C'est par orgueil qu'on s'oppose avec tant d'opiniâtreté.... {Manuscrit,)

5. L'annotateur contemporain applique cette réflexion aux critiqnet»

ia6 RÉFLEXIONS OU SENTENCES

Nous nous consolons aisément des disgrâces^ de nos amis, lorsqu'elles servent à signaler notre tendresse pour eux'. (ÉD. 1*.)

Il semble que Tamour-propre soit la dupe de la bonté, et qu'il s'oublie lui-même, lorsque nous travaillons pour l'avantage des autres : cependant c'est prendre le chemin le plus assuré pour arriver à ses fins; c'est prêter à usure, sous prétexte de donner; c'est enfin s'acquérir tout le monde par un moyen subtil et délicat', (éd. i^.)

I. Var. : Nous ne sommes pas difficiles à consoler des disgrâces.... (Manuscrites. i665.)

a. Yab. : lorsqu'elles serrent à signaler la tendresse que nous avons pour eux. (]665.] — lorsqu'elles servent à nous faire faire quelque belle action, {Manuscrit,) — Pascal {PenséeSy article VI, 34) : c Plaindre les malheureux u*est pas contre la concupiscence ; au contraire, on est bien aise d*aToir à rendre ce témoignage d'amitié, et à s'attirer la réputation de tendresse sans rien donner. » — Voyez les maximes 463 et 583.

3. Vah. : Qui considérera superficiellement tous les effets de la bonté qui nous fait sortir hors de nous-mêmes, et qui nous immole continuellement à Pavantage de tout le monde, sera tenté de croire que lorsqu*elle agit, Tamour-propre s'oublie et s^abandonne lui-même, ou se laisse dépouiller et appauvrir sans s'en apercevoir, de sorte quW semble que l'amour-propre soit la dupe de la bonté : cependant c'est le plus utile de tous les moyens dont V amour -propre se sert pour arriver à •es fins ; <^est un chemin dérobé, par oit il revient à lui-même^ plus riche et plus abondant; c*est un désintéressement qu*il met à une furieuse nsnre ; c*est enfin un ressort délicat avec lequel il réunit, il dispose et tourne tous les hommes en sa faveur, (i665.) — Le manuscrit est conforme au texte de i665, sauf les différences qui suivent : c .... et appauvrir sans s'en apercevoir, en sorte qu'il semble que la bonté soit la niaiserie et Pinnocence de Camour- propre : cependant la bonté est le plus prompt de tous les moyens dont l'amour-propre se sert.... > — J. Esprit (tome I, p. 4^7) : c Le désintéressement est un chemin

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