Var. : c nous manque bien plus. (i
4* Voyez les maximes 3o et 4^* — L'annotateur contemporain bit observer qu' t outre l'application , il faut encore do bonheur; » en effet , la réflexion de l'auteur parait contradictoire à toutes celles où il fait dépendre nos succès de la fortuue ou du hasard, par exemple dans les maximes 53 , 67, 58, i53, 333 et 574. — Duclos (tome I, p. 79, Considérations sur les mœurs de ce siècle^ chapitre u) : c Bien des choses ne sont impossibles que parce qu'on s'est accoutumé à les regarder comme telles. > — VauTenargues (maximes 455 et 4^6, OEuvreSf p. 44^) » * ^^^ àe malheurs sont sans ressource; le désespoir est plus trompeur que l'espérance, s — c II y a peu de situations désespérées pour un esprit ferme, qui combat à force illégale , mais avec courage , la nécessité. 1 — Comparez avec la maxime a59 des éditions de Suard et de Biaise, et iroyez ci-après, p. 240^ la note i de la Notice des Maximes supprimées.
5. Vab. : le prix de clmque chose. (166 5.) Le manuscrit ajoute : c et tesprit de son temps, » — Vauvenargues répond (p. 8a) : t On n'est pas habile pour connoitre le prix des choses, si l'on n'y joint
ET MAXIMES MORALES. i3i
Cest une grande habileté que^ savoir cacher son habileté*. (ÉD. 1*.) ^
Ce qui paroît générosité n'est souvent qu'une ambition déguisée, qui méprise de petits intérêts, pour aller à de plus grands*, (éd. i*.)
La fidélité qui paroit en la plupart des hommes n'est qu'une invention de Tamour-propre, pour attirer la confiance; c'est un moyen de nous élever au-dessus des autres, et de nous rendre dépositaires des choses les plus importantes', (éd. i*.)
l'art de les acquérir, i — Voyez les maximei iSg, 161, 377, et les 10*9 i3* et x6* Réflexions diverses,
I. Yab. : Le plus grand art tTun hahiie homme est celui de savoir cacher son habileté. (i665.) — Meré {maxime 609) : c Le fin de la meilleure politique est de passer quelquefois pour ayoii* peu d^esprit, quoiqu'on en ait infiniment. 9 — La Bruyère (de la Cour^ no 85, tome I, p. 33a) : c C'est avoir fait un grand pas dans la finesse » que de faire penser de soi que Ton n'est que médiocrement fin. »
— Voyez les maximes 117, ia4, laS, 117 et 199.
a. Vab. : La générosité est un désir de briller par des actions extraor* Mnaires; c*esi un habile et industrieux emploi du désintéressement ^ de la fermeté en amitié ^ et de la magnanimité y pour aller plus tôt à un plus grand intérêt, (Manuscrit.) — La générosité est un industrieux emploi du désintéressement, pour aller plus tôt à un plus grand intérêt, (i665.)
— La maxime 17 de Meré reproduit, mot pour mot, la version définitive de la Rochefoucauld. — Voyez les maximes 39, ^/fiy a85y 493 et 638.
3. Vab. : La fidélité e<f^ une invention rare de l'amour-propre, /Mir laquelle f homme, s'érigeant en dépositaire des choses précieuses, se rend lui-même infiniment précieux. De tous les trafics de Vamour^prupre, c^est
13a REFLEXIONS OU SENTENCES
CCXLVm La magnanimitAgj méprise tout, pour avoir tout^
(ÉD. I*
n n*y a pas moins d'éloquence dans le ton de la voix, dans les yeux, et dans Tair de la personne, que dans le choix des paroles*, (éd. i*.)
La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu'il faut, et à ne dire que ce qu'il faut', (éd. i^.)
celui oh il fait U moins (Vacances et de plus grands profits ; c^est un raffinement de sa politique ^ avec lequel U engage les hommes par leurs biens f par leur honneur^ par leur libertin et par leur vie^ qu*ils sont forcés de confier, en quelques occasions, à élever t homme fidèle au-dessus de tout le monde, (i665.) — c Avec une semblable idée de la fidélité, dit Aimé-Martin (p. 78), comment la Rochefoucauld a-t-il pu ae plaindre de l'ingratitude d*Anne d'Autriche ? > — Voyez les maximes 85, aaB et 298.
I. Var. : méprise tout, pour qu^on lui donne tout. (Manuscrit,) — Même idée que dans les maximes a4^> ^^^ et 628.
a. Cette réflexion est la réunion de deux maximes qui faisaient double emploi dans l'édition de i665, sous les n^** ^72 et 374» et dans celles de 1666, 1671 et 1675, sous les n9* 249 et ^58 : « Un*y a pas (i665 A el D : Il j a pas) moins d'éloquence dans le ton de la Toix, que dans le choix des paroles, s — € Il jr a une éloquence dans les yeux et dans l'air de la personne , qui ne persuade pas moins que celle de la parole. •
3. Var. : L^éloquence est de ne dire que ce qu'il faut. (Manuscrit,) — Amelot de la Houssaye rappelle que le cardinal Mazarin se moquait de l'éloquence un peu trop castillane de don Luis de Haro, qui traita pour l'Espagne de la paix des Pyrénées : c Je lui repartis, dit le Cardinal dans une lettre à le Tellier, do 10 septembre 1659, ^*^^ ^^ srmbloit qu'il n'y aToit point de gens au
ET MAXIMES MORALES. i33
CCU
Il y a des personnes à qui les défauts siéent bien, et d'autres qui sont disgi*aciées avec leurs bonnes qualités^.
(ÉD. I*
CCLU
Il est aussi ordinaire de voir changer les goûts, qu*il est extraordinaire' de voir changer les inclinations'.
(ÉD. I*
CCLHI
L'intérêt met en œuvre toutes sortes de vertus et de vices*, (éd. i*.)
monde qui se dussent plus éloigner de toutes les figures de rhéto-. rique que lui et moi, qui derions nous serrir des mots les plus, simples, comme étant plus propres pour exposer les choses au vrai^ et finir les affaires, laissant aux professeurs de rhétorique d*Alcala et de Salamanque à se prévaloir de cet art. s
I. Vab. : et d'autres qui sont dégoûtantes ^ malgré toutes les bonnes qualités. (Manuscrit,) — Cette pensée répète les maximes 90, i55y 373 et 354; voyez aussi la 3* des Réflexions diverses, — Vauyenargues dit avec raison, ce nous semble (p. 83) : c Une pensée si commune ne méritoit pas, je crois, d'être répétée. >
a. Vah. : qu'il est rare. (i665.)
3. Vab. : Le goût change^ mais C inclination ne change point, {Manuscrit.) '^— Cette pensée ne parait pas claire ; l'abbé de la Roche l'explique ainsi : c C'est que les goûts sont souvent des caprices, et que les inclinations sont , pour l'ordinaire , des passions. 1 — L'auteur n*a-t-il pas plutôt voulu dire que les inclinations, invariables en elles-, mêmes , ne varient que dans leurs objets? — Voyez les maximes x3, 45, 6%St la note de la 3go«, la 563", où se rencontre une proposition contradictoire à celle-ci, et la 10* des Réflexions diverses,
4* Vab. ; L'intérêt donne toutes sortes de vertus et de vices. (Ma^ miser it et i665.) — Pascal {Pensées ^ article IX, i) : c Les hommes n'aiment naturellement que ce qui leur peut être utile. 1 — Voyez les maximes 171, 187 et 3o5. — Vauvenargues {maxime 5a8, Œuvres, P- 449) - * L'intérêt est l'âme des gens du monde. 1
t34 RÉFLEXIONS OU SENTENCES
L*humilité n'est souvent qu'une feinte soumission, dont on se sert pour soumettre les autres ; c'est un artifice de l'orgueil qui s'abaisse pour s'élever; et bien qu'il se transforme en mille manières, il n'est jamais mieux déguisé et plus capable de tromper que lorsqu'il se cache sous la figure de l'humilité ^ (éd. i*.)
!• Yar. : L'humilité n*e8t souvent qu'une feinte soumission, que nous employons pour soumettre effectivement tout le monde; c*est un mouvement de Torgueil, par lequel il s'abaisse devant les hommes, pour s'élerer sur eux; c*est un déguisement et son premier stratagème ; mais quoique ses changements soient presque infinis, et quil soit admirable MOUS toutes sortes de figures^ il faut avouer néanmoins qu*il n^est Jamais si rare ni si extraordinaire que lorsqu'il se cache sous la forme et sous fkahit de Phumilité; car alors on le voit les jreux baissés ^dans une eon^ tmumce modeste et reposée; toutes ses paroles sont douces et respec^ tueuses, pleines d* estime pour les autres et de dédain pour lui-même : si on ten veut croire, il est indigne de tous les honneurs, il iCest capable d* aucun emploi; il ne reçoit les charges où on C élève que comme un effet de la bonté des hommes et de la faveur aveugle de la fortune, C^est Corgueil qui joue tous ces personnages, que l'on prend pour T humilité. (i665.) — Dans le manuscrit, conforme pour le reste à l'édition de i665 : c .... c'est son plus grand déguisement et son premier stratagème; e*est comme il est que sans doute le Protée des fables n'a Jamais été; il en est un véritable dans la nature, car U prend toutes les formes, comme il lui plaît; mais quoiqu'il soit merveilleux et agréable à voir sous toutes ses figures et dans toutes ses industries, il faut avouer néanmoins. ... 1 — Saint François de Sales [Introduction à la Vie dévote , liTFe m, chapitre v) : c Nous disons maintesfois que nous ne sommes rien, que nous sommes la misère mesme et l'ordure du monde ; mais nons serions bien marris qu'on nous prist au mot, et que l'on nous pnbliast tels que nous disons. Au contraire, nous faisons semblant de fuir et de nous cacher, à fin qu'on nous coure après et qu'on nous cherche ; nous faisons contenance de vouloir estre les derniers et assis an bas-bout de la table, mais c'est à fin de passer plus auantageosement au haut-bout. » — Pascal {Pensées, article YI, 17) *. « Les discours d'humilité sont matière d'orgueil aux gens glorieux, et d'humilité aux humbles.... Peu parlent de l'humilité humblement. > —
ET MAXIMES MORALES. iB5
Tons les sentiments ont chacun un ton de voix, des gestes * et des mines qui leur sont propres, et ce rapport, bon ou mauvais, agréable ou désagréable, est ce qui fait que les personnes' plaisent ou déplaisent, (éd. i*.)
Dans toutes les professions, chacun affecte une mine et un extérieur, pour paroître ce qu'il veut qu'on le croie : ainsi on peut dire que le monde n'est composé que de mines', (éd. i*.]
Le même (article XXV, 49) * < Fausse humilité, orgueil. » — On sent que le Tartuffe n'est pas loin ; il a paru deux ans après la maxime de la Rochefoucauld, en 1667. — La Bruyère {de P Homme, ja9 66): c On ne Toit point mieux le ridicule de la vanité, et combien elle eft on TÎce honteux, qu*en ce qu*elle n*ose se montrer, et qu'elle te cache souvent sous les apparences de son contraire. • — Voyez les masimej 33, 358, 534* 537 et 563.