Yoyez la note de la maxime
5. « L'intérêt est Vami de l'amour-propre. » {Édition de M, de Barthélémy,) — La même édition, à la Ugne suivante, donne vie ponr eue, et Ic^iqaenMnt, après cette altération, elle remplace, trois lignes plus loin, voit par vit.
MAXIMES POSTHUMES. aaS
voit, n*entend, ne sent et ne se remue plus. De là vient qu'un même homme, qui court la terre et les mers pour son intérêt, devient soudainement paralytique pour l'intérêt des autres; de là vient ce soudain assoupissement et cette mort que nous causons à tous ceux à qui nous contons nos affaires; de là vient leur prompte résurrection lorsque, dans notre narration, nous y mêlons quelque chose qui les regarde : de sorte que nous voyons, dans nos conversations et dans nos traités, que, dans un même moment, un homme perd connoissance et revient à soi, selon que son propre intérêt * s'approche de lui, ou qu'il s'en retire *.
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Nous craignons toutes choses comme mortels, et nous desirons toutes choses comme si ' nous étions immortels.
I. « Selon que son propre intérieur. » [Édition de M. de Barthélémy.)
a. Cette maxime ^ que nous tirons du manuscrit de la Rocheguyun, se
trooTe aussi dans une lettre à Mme de Sablé (Porte/euiller de rallant^
tome II, f* iSq). Biaise Ta placée à la suite des maximes définitires, et
▲imé-Martin dans son Second supplément. Leur texte n*offre qu'une seule
variante : « le soudain assoupissement, » pour » ce soudain assoupissement. «
Le texte de Gaétan de la Rodiefoaoauld {OEuvres complètes, p. 466) n*a pas
cette variante, mais quelques autres : m. sans sentiment, sans mouvement....
l*amour-propre séparé.... de /'intérêt.... ne sent et ne remue plus. > — Bap-
proches des maximes iSg, 3i4} et de la 4* des Réflexions diverses. — Mme de
Sablé dit à peu près de même daus m maxime 29 : « Tout le monde est si
occupé de ses passions et de ses intérêts, que l'on en veut toujours parler,
uns jamais entrer dans la passion et dans l'intérêt de ceux à qui on en parle,
encore qu'ils aient le même besoin qu'on les écoute et qu'on les assiste. » —
Elle dit^encore dans sa maxime 3 : c Au lieu d'être attentifs à connottre les
antres, nous ne pensons qu'à nous faire connottre nr>us-mêmes. Il vaudroit
mieux écouter pour acquérir de nouvelles lumières, que de parler trop pour
montrer celles que l'on a acquises. 9 — J. Esprit donne à son tonr la
même pensée, mais d'une façon singulièrement plate (tome II, p. 68} : « Toutes
les conversations où l'on ne dit rien qui touche nos passions, ou qui flatte notre
vanité, nons sont insupportables , et c'est de là que riennentces distractions,
ces langueurs et cette espèce de pAmoison où nous tombons, aussitôt que noos
apercevons que celui qui nons entretient prend le train de parler seulement
de lui-même et de ne rien dire pour nous. 9 — Meré dit avec plus de 'conci-
non et de netteté [maxime 335) : « Qui veut qu'on suive ses sentiments doit
feindre d'entrer dans ceux des autres. »
3. « .... et nons les desirons toutes comme si.... » [Édition d'Amelot de la Houssajre.)
La Rochkfoucauld. i iS
%%6 MLAXIMES POSTHUMES.