‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 5)Chapitre 240 sur 364 · L'auteur de la note emploie opuscules au féminin · texte numérisé non relu

L'auteur de la note emploie opuscules au féminin

3 . La rabon donnée n'est pas péremptoire. L'auteur pouvait aussi bien emprunter à ses Maximes au profit de ses Réflexions^ qu'à ses Réflexions au profit de ses Maximes, On le verra, du reste, la plupart des Maximes qui se retrouvent dans les Réflexions, et que nous avons consignées dans les notes sous leurs numéros, appartiennent à la 4* édition (1675) et à la 5« (1678); or la i** est, comme l'on sait, de i665.

4. Ce jugement est assez sévère, mais assez juste en somme. Cependant il n'y a pas lieu d'en conclure que les Réflexions auxquelles il peut s'appliquer soient de la jeunesse de V auteur. Dans la 14*, il parle de la mort de Tiu^nne tué le 17 juillet 167$ ; dans la 17*, de U paix de Nimègue conclue en août 1678 (voyez p. 34ï, note 5), et lui-même mourait dix-huit mois après, le 17 mars 1680, à Tâge de soixante-sept ans. Il faudrait plutôt dire que les moins achevées parmi ces Réflexions sont les dernières que l'auteur ait écrites, et qu'il n'a pas eu le temps de les revoir. La Rochefoucauld, on le sait.

NOTICE. 276

être à propos d'entrer sur cela dans quelque détail, afin que si jamais on avoit envie de donner ce recueil au public, on ne le fit qu'avec les égards qui sont dus à la mémoire et au mérite de l'auteur.

c Voici les morceaux qui m'ont paru le plus capables de répondre à sa réputation ^ : delà Société; — de l'Air et des Ma^ nières; — de la Conversation; — de la Confiance; — dti Goût; — du Faux; — de la Différence des esprits; — de tliKon^ stance; — €^ la Retraite; — des Événements de ce siècle^,

c Nota. — Ce dernier morceau est l'antépénultième dans le manuscrit; mais Tordre qu'on suit ici est le plus naturel, et une petite note qui est à la fin du morceau sur la Différence des esprits^ donne lieu de conjecturer que c'étoit l'ordre que l'auteur avoit dans l'esprit.

c Par rapport aux chapitres de t Inconstance et de la Retraite^ il y a une observation à faire : c'est qu'ils n'ont pas été revus par l'auteur, qu'ils ont été écrits par un secrétaire sans intelligence ; qu'indépendamment des fautes d'orthographe, il y en a qui défigurent le sens et qui quelquefois le rendent inintelligible, que par conséquent il faudroit revoir les deux chapitres avec la plus grande attention'.

n*était pas on écrivain de premier jet ; il n'arrivait à sa forme définitive qu'à force de retouches : pour s*en assurer, il n'y a qa*à comparer sa i^^ édition des Maximes avec la 5^. Il y a telle pensée où il ne reste presque plus un mot de la rédaction primitive.

I. U îaMt faire remarquer encore que Fauteur de cette note suit Tordre même du man\iscrit de la Rocheguyon , tant pour les piècei qu'il choisit que pour celles qu*il élimine, sauf pour celle qui est intitulée des Événements de ce siècle. Comme en avertit le nota qui suit, il rejette à la fin cette Réflexion qui, par son étendue et par son caractère purement historique, diffère en effet des autres, et peut former comme un petit traité à part.

s. Il parait que l'auteur de cette note s'est ravisé, ou qu'on s'est niTisé après lui, car les trois dernières Réflexions qu'il indique n'ont pas été publiées.

3. Heureusement personne ne s'est chargé de cette revision y et neuf pouvons donner ces deux morceaux intacts comme les dix-sept autres; s'ils ne comptent pas parmi les meilleurs du recueil, du moins sont-

ifjS RÉFLEXIONS DIVERSES.

« Voici les morceaux qu'il ne seroit pas à propos qa'cm rendit publics, avec les raisons qui m'en font porter ce jugement :

c Du Frai, — Ce n'est pas qu'il n'y ait dans ce morceau des choses bien vues et bien pensées, mais en totalité il y a quelque chose de louche, parce que l'auteur n'a pas vu assez nettement, ou du moins n'a pas assez développé ce qu'il entend par vrai et par vérité,

« De r Amour et de la Mer. — L'auteur lui-même l'a raturé*.

< Des Exemples. — Morceau peu approfondi et peu réfléchi.

c De r Incertitude de la jalousie, — Il y a quelque chose de louche, sur quoi cependant il ne seroit pas difficile de répandre la clarté nécessaire.

t De tJmour et delà Vie. — Ce morceau est de petite manière; les rapports y sont trop recherchés et souvent trop subtils; la comparaison, trop longtemps soutenue, y devient fade. L'auteur a fait passer dans les Maximes ce qu'il y a de mieux pour le fond des idées, entre autres cette pensée : « Dans le déclin de l'amour, comme dans le déclin de la vie,... on vit encore pour les maux, on ne vit plus pour les plaisirs*. »

« Du Rapport des hommes avec les animaux. — Ce morceau est foible et plat.

ils parfaitement intelligibles, quoi qa*en dise l'auteur de la note, et nous n'y avons trouvé aucune faute défigurant le sens.

I. C'est-à-dire, bifide. Le morceau, en effet, est biffé en croix sur le manuscrit ; mais est-il bien sûr qu'il Tait été par la Rochefoucauld lui-même? On en peut au moins douter, car en tète de cette Âé» flexion (6«, aussi bien que de la i a«), on lit ces deux mots : à retrancher^ lesquels ne sont pas de son écriture.

a. En effet, c'est la maxime 43o« de la 5® édition, avec quelques légères modifications.

NOTICE. 177

De P Origine des maladies, — Ratnré par l'autear*.

c Des Modèles de la nature et delà fortune, — Il y a dans ce morceau, ainsi que dans quelques-uns des précédents, plus de recherche d^esprit que de vérité; on y trouve cependant quelques beaux traits. Le parallèle de Monsieur le Prince et de M. de Turenne est à conserver'.

« Des Coquettes et des Vieillards, ^Ce morceau tient aux mœurs du temps'; il pouvoit avoir alors un mérite qu'il n'auroit plus aujourd'hui. »

Encore une fois, la plupart de ces appréciations, sauf les réserves que nous avons faites, sont assez fondées ; mais, de nos jours, la critique se soucie moins de l'intérêt des écrivains que de Tintérét des lettres. Quand les douze Réflexions négligées en 1731 ^ seraient toutes aussi faibles que le prétend l'auteur de la note, elles n'en seraient pas moins précieuses, au moins comme moyen de comparaison entre les œuvres ébau*

I . On trouvera cette Réflexion sous le n^ xii. — Voyez ci^dessoSy p. 376, note I.

a. 11 fallait conserver^ non-^nlement ce parallèle, mais tout ce qui concerne Alexandre, César et Caton , c'est-à-dire tout le mor- * ceau. Ces pages peuvent compter assurément parmi les plus fortes que la Rochefoucauld ait écrites.

3. n n*en serait que plus intéressant pour nous; mais ce morceau est de tous les temps et d*une éternelle application.

4. M. Edouard de Barthélémy les a publiées, seules , sans les sept anciennes (a) (Œuures inédites Je la Rochefoucauld^ i vol. in-8 , Paris, Hachette, i863 : voyez la Notice bibliographique). Loin de nous la pensée de désobliger un homme qui aime les lettres, et qui leur a rendu quelques services, même en ce qui concerne la Rochefoucauld ; mais son travail , on le verra dans nos notes , était bien souvent fautif; aussi nous est-il permis de dire que le texte des Ré" flexions diverses de la Rochefoucauld parait aujourd'hui pour la première fois, dans toute sa pureté.

(a) Il en promet onze en tête de ta Préface, mais par le fait il en donne douze, car il met à part le morceau des Événements de ce siècle; il paratt même en donner treize, car il a marqué du numéro i la fin de la Réflexion ^v Faux y dont la plus grande partie vnix paru dès 1731.

chées et les œuvres achevées de la Rochefoucauld. C'est à ce titre que nous les donnons au public : rien ne doit être perdu d'un tel écrivain, rien d'ailleurs ne lui pouvant faire tort.

Nous donnons les dix-neuf morceaux dans Tordre où ils se trouvent au manascrit, en marquant d'un astérisque (^) au titre ceux qu'avaient omis les premiers éditeurs. Noos indiquerons les variantes, ou, pour parler plus exactement, les altérations qui abondent dans les textes publiés jusqu'ici.

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