Rapprochez des maximes 137 et
RÉFLEXIONS DIYERSBS. 397
On doit ne leur cacher rien ^ de ce qui ne regarde que nous, se montrer à eux toujours vrais*, dans nos bonnes qualités et dans nos défauts même, sans exagérer les unes, et sans diminuer les autres' ; se faire une loi de ne leur faire jamais de * demi-confidences, qui embarrassent toujours ceux qui les font, et ne contentent presque* jamais ceux qui les reçoivent : on leur donne des lumières confuses de ce qu'on veut cacher, et on augmente leur curiosité; on les met en droit d'en vouloir savoir davan»^ tage, et ils se croient en liberté de disposer de ce qu'ils ont pénétré. H est plus sûr et plus honnête de ne leur rien dire, que de se taire quand on a commencé à parler.
Il y a d'autres règles à suivre pour les choses qui nous ont été confiées : plus elles sont importantes, et plus la prudence et la fidélité y sont nécessaires. Tout le monde convient que le secret doit être inviolable ; mais on ne convient pas toujours de la nature et de l'im* portance du secret : nous ne consultons le plus souvent, que nous-mêmes sur ce que nous devons dire et sur ce que nous devons taire ; il y a peu de secrets de tons les temps, et le scrupule de les* révéler ne dure pas toujours.
On a des liaisons étroites avec des amis dont on connott la fidélité; ils nous ont toujours parlé sans réserve, et nous avons toujours gardé les mêmes mesures avec
X. Ici encore les précédents éditeurs ont changé la construction : a ne leur rien cacher. »
a. Voyez ci-dessus, p. 85, note 3.
3. Voyez les maximes aoa, ao6, et le PortraU de la Rochefoucauld fak par lui-même^ plus haut, p. 7.
4* Des dans les diverses éditions.
5. Les diverses éditions ont omis presque^ comme, deux lignes plus haï, ei devant on augmente.