c Au premier bien qui ont d'abord. > (Ibidem
ont, et bien moins encore pour arriver à ce qu'ilsdesirent; ils ne voient plus devant enx que des chagrinsi des maladies et de l'abaissement ; tout est vu * , et rien ne peut avoir pour eux la grâce de la nouveauté ; le temps les éloigne imperceptiblement du point de vue d'où il leur convient de voir les objets , et d'où ils doivent être vus. Les plus heureux sont encore soufferts*, les autres sont méprisés; le seul bon parti qu'il leur reste, c'est de cacher au monde ce qu'ils ne lui ont peut-être que trop montré. Leur goût, détrompé des désirs inutiles, se tourne alors vers des objets muets et insensibles; les bâtiments, Tagriculture, l'économie*, l'étude, toutes ces choses sont soumises à leurs volontés; ils s'en approchent ou s'en éloignent^ comme il leur plaît; ils sont maîtres de leurs desseins et de leurs occupations ; tout ce qu'ils désirent ^est en leur pouvoir, et s'étant affranchis de la dépendance •du monde, ils font tout dépendre d'eux. Les plus sages -savent employer à leur salut le temps qu'il leur reste', 'et n ayant qu'une si petite part à cette vie, ils se ren- «dent dignes d'une meilleure. Les autres n'ont au moins •qu'eux-mêmes pour témoins de leur misère ; leurs propres infirmités les amusent*; le moindre relâche leur tient lieu de bonheur; la nature, défaillante, et plus sage qu'eux, leur ôte souvent la peine de désirer; enfin ils oublient le monde, qui est si disposé à les oublier; leur vanité même est consolée par leur retraite, et avec beau-
I. c Tout est vieux. » (Édition de M. de Barthélemx*) 3. c Les plus heureux ont encore souffert, » (Ibidem,) — Voyex, plus haut, la 1 5* des Réflexions diverses,