II 7 a ainsi le singulier dans le manuscrit
10. Une autre copie (folio x85) ajoute ici: « Si vous les gardez, Je les lirai Mfec vousy et Je vous en dirai mieux mon avis que Je ne fais à cette heure, okJen*aipas le temps de faire une réflexion qui vaille; je ne pense qu'à vous obéir.... »
I I . La copie corrigée supprime cette dernière phrase ; une antre copie (folio i85) la maintient, et 7 ajoute : c Je vous prie aussi de ne dire k qui que ce soit ce que Je pense, fesphe d'avoir Vhonneur de vous voir demaim, »
JUGBMBlfT SUB LB8 MAXIMES DE M, DB LA BOGHBFOUGAULD
Je TOUS ai beaucoup d'obligation d'avoir fait un jugement de moi si avantageux que de croire que j*étois capable de dire mon tcmtiment de l'écrit que tous m'avez envoyé. Je vous proteste, Madame, avec toute la sincérité de mon cœur, quoique l'auteur de l'écrit n'en croie point de véritable, que j'en suis incapable, et que je n'entends rien en ces choses si subtiles et si délicates ; mais puisque vous commandez, il faut obéir. Je vous dirai donc. Madame, après avoir bien considéré cet écrit, que ce n'est qu'une collection de plusieurs livres d'où Ton a choisi les sentences, les pointes et les choses qui avoient plut de rapport au dessein de celui qui a prétendu en faire un ouvrage considérable. J'ai l'esprit si rempli des idées de maçonnerie, que je m'imagine que tout ce que je vois en a la ressemblance et que cet oo* vrage s'y peut comparer. Je sais bien que vous direz que je ne suit qu*un maçon ou un charpentier en cette matière, mais vous m'avouerez aussi qu'il est composé de différents matériaux^ ; on y remarque de belles pierres, j'en demeure d'accord ; mais on ne sauroit disconvenir qu'il ne s'y trouve aussi du moellon et beaucoup de plâtras, qui sont si mal joints ensemble qu'il est impossible qu'ils puissent faire corps ni liaison, et, par conséquent, que l'ouvrage puisse subsister*. Après la raillerie, il est bon d'entrer un peu dans le sérieux, et de vous dire que les auteurs des livres desquels on a coUigé ces seD* tences, ces pointes et ces périodes, les avoient mieux placées ; car si l'on voyoit ce qui étoit devant et après, assurément on en seroit plus édifié ou moins scandalisé. Il y a beaucoup de simples dont le sac eft poison, qui ne sont point dangereux lorsqu'on n'en a rien extrait et que la plante est en son entier. Ce n'est pas que cet écrit ne soit bon en de bonnes mains, comme les vôtres, qui savent tirer le bien du
I. Extrait du tome II des Portefeuilles de f^allant, fulio 170. — Le titre est de U main de Vallant. L'auteur de cette pièce est inconnu, mais elle (nt certainement communiquée à la Rochefoucauld, car l'adresse de renvoi (à Ma' dame la MarquUe de Sablé) est écrite par lui.
a. La lettre originale, dont Tortliograpbe d*ailleurs est singulièrement défectueuse, donne matereaux.
3. y. Cousin supprime cette phrase et les deux précédentes (depuis : Je vous dirai dune. Madame,,..), ne les trouvant pan, dït-i\j Jbrt plaisantes . {Madame de Sal/le, p. 1 55.) — Il a raison, sans aucun doute, mais notre tAcbe d'éditeur ne nous permet pas même licence.
38o APPENDICE.
mal même ; mais aussi on peut dire qu*entre les mains de penonnc» libertines' ou qui auroient de la pente aux opinions nouvelles *, qœ^ cet écrit les pourroit confirmer dans leur erreur, et leur faire croire qu*il n*y a point du tout de vertu , et que c'est folie de prétendre de devenir vertueux, et jeter ainsi le monde dans rindifîérence et dans Toisiveté, qui est la mère de tous les vices. Peu parlai hier à on homme de mes amis, qui me dit qu'il avoit vu cet écrit, et qu*à son avis, il découvroit les parties honteuses de la vie civile et de la société humaine, sur lesquelles il falloit tirer le rideau : ce que je £ais , de peur que cela fasse mal aux yeux délicats, comme les vôtres, qui ne sanroient rien souffrir d'impur et de déshonnéte.