I. LE PRIKGE DE MARGILLAC A SERISAY
Je me donnerois F honneur d'écrire à Monsieur, si je ^^3
Lbitbb I. — Revue sur l'autographe conserve au Dépôt des
alTaires ëtrangères {France^ tome 86, fol. Si et 5a); cachets à demi conserves. Elle a ëtë publiée pour la première fois par Y. Cousin, dans la seconde édition de Madame de Citevreiue {jippendice^ p. 43k9}« et reproduite dans les éditions suivantes. On voit, par le contenu, qu'elle est de 1637, année où la duchesse de Chevreuse s*enfuit en Espagne. «La lettre n*est pas signée, dit V. Cousin eu note à Tendroit cité, mais Tauthenticité n'est pas douteuse : Técriture est tout à fait celle qu'a toujours gardée la Rochefoucauld ; c'est la première lettre que nous connaissions du futur auteur des Maximes, » Voyez cif-après, p. 16, la note préliminaire de la lettre a.
I . Serisay ou Serizay ^ était membre de l'Académie française, dont il fut le premier directeur (de mars i634 à janvier i638). Gourville {Mémoires ^ p. 493) dit qu'il « avoit beaucoup d'esprit et étoit secrétaire de M. de la Rochefoucauld le père; » un peu plus loin (p. 496) f îl l'appelle « homme d'esprit, mais fort bouillant. » Voici la notice que lui consacre Pellisson dans le Catalogue des Académiciens (voyez son Histoire de VAcadémie^ édition Livet, tome I, p. a66 et 267) : « Jacques de Serisay, né à Paris {yers 1590), intendant de la maison du duc de la Rochefoucauld. Il n'y a rien d'imprimé de lui; mais il a beaucoup de poésies et d'autres œuvres en prose à imprimer, d Le continuateur, d'Olivet, ajoute : a 11 mourut à la Rochefoucauld [Charente) au mois de novembre i653. Ou reste, il ne m'est connu par nul endroit, si ce n^est par quelques poésies, mais fort courtes et en petit nombre, imprimées dans les
* On écrivait auiti Cerizay (voyez notre tome II, p. zxxm, et les MiêoiteiU de Sercy, cités claos la suite de cette note); il y a un cbef-lieu de caittoa die ce nom dans l'urrundiâscment de BreiMuire (Dcn^^Sèvres).
i4 LETTRES.
jg3 ne savois que Madame' lui mande toutes les nouvelles qu^elle sait, et les particularités d'une affaire qui nous met en peine. Vous saurez donc que Mme de Chevreuse' m'a fait Thonnoor de m'écrire une lettre, dont je vous envoie une copié ^, à laquelle j'ai obéi en lui enrecueils de Sercy *. » — On lit, aux pages 91 et 9a du même tome de la même Histoire de P Académie^ que Serisaj, ajant été mandé par le cardinal de Richelieu, en même temps que d'autres membres chargés, arec lui, de polir les Sentiments de rAccuUmie sur le Cid, sVxcusa de se rendre à cette invitation a sur ce qu'il étoit prêt à monter à cheval pour s'en aller en Poitou. » Ailleurs (tome I, p. iSa) Pellisson fait de lui cet éloge, que, dans ses harangues, c il satisfaisoit tout le monde au dernier point. » A la page ao du même tome, il cite une lettre écrite par lui â Richelieu (»s mars i634), au nom de l'Académie. Nous avons trouvé une autre lettre du même personnage, datée de Yerteuil (a8 octobre 1647)1 dans les Papiers de Conrart, în-4*, tome XIV, p. 69-71 (Bibliothèque de l'Arsenal).
3. Monsieur^ à la ligne précédente, désigne le duc François V, né en i588, mort en i65o, premier duc de la Rochefoucauld, père de notre auteur. Il était alors k Paris : voyez V. Cousin, la Jeunesse de MmedeLongueville, p. 396. On trouvera de lui, kV appendice 1^ cinq lettres, plus une annexe à la lettre Z.'^- Madame^ c'est-à-dire la mère de l'auteur, Gabrielle du Plessis-Liancourt, fille de Charles du Piessis, seigneur de Liancourt, et d'Antoinette de Pons, marquise de Gnercheville, qui fut dame d'honneur de Marie de Médicis, et inspira une inclination passagère à Henri IV. François V de la Rochefoucauld l'avait épousée en juillet 161 1. Malherbe parle de ce futur mariage, comme tenu pour v indubitable, » dans \mp lettre â Peiresc, du « février 16 10 : voyez ses OEuvres^ tome III, p. i34.
3. Sur Mme de Chevreuse, voyez, dans notre tome II, la note 3 de la page 4 des Mémoires,
4. Cette copie ne se trouve pas jointe à la lettre àSerîsay, au Dépôt des affaires étrangères. — Au sujet des faits dont il s'agit ici, voyez, à la page i5, la note 10 de cette lettre; les pages 33 et suivantes des Mémoires; le billet de Mme de Chevreuse, inséré, ibidem^ dans la note a de la page 34 ; et ci-après, dans Vappendice i,
es pièces énumérées dans la note 10 de la page suivante.
• Voy«B Im Poêsiâs ehoisies, 5* partie (Paris, Sercy, t66o}, p. 374, 376 et 38o.
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voyant un carrosse et des chevaux pour aller à Xaintes; TëTT mais nous avons appris par leur retour qu'elle a pris un autre chemin, comme vers Bordeaux", de sorte que, ne sachant si cette affaire-là n est point de conséquence, nous avons cru qu'il en falloit donner avis à Monsieur. Si ce n est rien, je serai bien aise qu'on nen fasse point de bruit. J'ai reçu aujourd'hui de vos lettres; mais je n'en suis pas plus informé de nouvelles que j'étois auparavant. Je vous prie de £iire retirer soigneusement une caisse * qui est portée par la charrette de Poitiers, qui partira jeudi. Voilà toutes mes commissions pour cette heure. J'espère que vous aurez plus de curiosité d'apprendre des nouvelles, afin de pouvoir m'en instruire mieux que vous n'avez fait jusques à présent^. Je vous donne le bonsoir.
Adieu*, mandez-moi toujours l'état de votre santé.
A Vertœil', ce i3 septembre [1637**].
Suscription : A Monsieur Monsieur de Serisay.