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M. Le Comte J.-L. LAGRANGE,
* Par m. DELAMBKE.
Josepli-Lonis Lagranc.e, ruii des fomlaleiirs de rAeadéiuie de Turin, Directeur pendant \\w^X ans de TAcadéniie de Berlin, pour les Sciences physico-mathéniaticjues. Associé çtranjçer de T Académie des Sciences de Paris, Membre de l'Institut de France et du Bureau des Longitudes, Sénateur et Comte de l'Empire, (Iraud- (3Hicier de la Légion d'Honneur et Grand-Croix de l'Ordre impérial de la Réunion, naquit à Turin le 25 janvier i 786, de Josepli- I iouis Lagrange, Trésorier de la Guerre, et de Marie-Thérèse Gros, fîll(* uni(|ue d'un riche médecin de Camhiano.
Son bisaïeul. Capitaine de cavalerie au service de France, a\ait passé à celui d'Emmanuel II, Roi de Sardaigne, cjui le fixa à Turin en le mariant à une dame Conti, d'une illustre famille romaine; il était Parisien d'origine, et parent d'une Marie-Louise, Dame d'atours de la mère de Louis XIV, et depuis femme de F>an(;ois- Gaston de Béthime (*) .
Ces détails ne sont d'aucune importance pour le Géomètre
• Khttre de Laf^range, par Cossali. Padoue, iSH.
\ NDTICE SUK LA VIE ET LES oUVHViiES
illuslir i|iie sii reiiouaiiée dispense d'étaler une ixénealoji^e ; niais ils ne sont pa^ incliUerents pour la Kninee, (|ni s est empressée de le i appelé»' et île le rétablir dans ses uneieiis droits. Son nom, lelui de sa mère, attestent une orij^ine franeaise: tous ses Ouvrages ont ete eerits en tVaneais; la ville i[ui Ta \u naître était devenue fiancaisi'; la h'rance a doue bien meontestabieraent le dn>it de >t* i^lorilier de 1 un des plus i^rauds renies qui aient lionoré les NMOiiees.
Son i>ère était riche, il avait t'ait mi mariai^e avantaiçenx, mais il s était ruine dans des enti'eprises liasanleuses. N'en piaillions pas ^l. La^ranj;e. Lm-mème euNisa^^eait ce malheur comme la piemicie cau>e de tout ce <(ui lui était ensuite iurixe de plus heureux. A'// tiv^ail i'n (le la ior(niit\ a-t-il dit lui-même, il n eût prthfxMemaK /his/uù sou itat des ]lathcnuui(fues\ et f|ueis avautaj^es aurail-il pu lu>u\er diins une autre carrière, qui puissent entrer eu i'ouiparaison a\ec ceux d'une \ie traïupiille et studieuse, avec relte suite cilalante de succès non contestes dans mi i::enre i-éputé ruiiuenimeul ditlicile, cl avec lette i^onsideration personnelle. 4|u'ila \uc Naccroiti-e jus^juau dernier instajit;
Le i;oùl pour U's Alatliematinues ne (ai. pom-lant \)as celui <ju'il iiiauâlèsUi le [iremicr. Il se passionna pour Cicei-on et \ ir};ilea\aiit de pouvoir lire Vrchiuiède et Newton; bientôt il devint admiranu iion luoiuî» pa.v>iouiic vie la licometrie des anciens, i^ il préitiii <l abord à 1 Vual\se moderne. In ^lemoire que le célèbre IIhÎIc^v .ivaii liHi^lemps auparavant rompos€ tout exprès {H>iir di luoiiirtr la >upcuorilc ile i Vnal\5»e, ont la i^loiiv de couvei-tir M. 1 a^iiiii^i-, cl lui rcvcla >ii Ncrilable desùnation.
Il Si- iivi.i doue a relie uo4i\cile cluiie .i\ec les mêmes succès .|it ila\.ui -M)lruii> ilau> ia Svuuiesc. il i|Uiavaient ete si maix|ués.
DE M. LAGUANGE. xi
qu'à I'â{>e (Je seize ans (*) il était Professeur de Mathématiques dans rÉcole royale d'Artillerie, fi'extrême jeunesse d'un Professeur n'est pour lui qu'un avanta{j;e de plus, ([uand il a manifesté des talents extraordinaires et c[ue ses élèves ne sont plus des enfants ; tous ceux de M. J ja{î;ranjçe étaient plus âgés que lui, et n'en étaient pas moins attentifs à ses leçons. Il en distingua quel(|ues-uns dont il fit ses amis.
De cette association nacjuit l'Académie de Turin, qui publia en 1759 un premier volume, sons le titre A' Actes de la Société privée. On y voit le jeune Lagrange dirigeant les recherches physic[ues du médecin Qgna et les travaux du marquis de Saluces. Il fournissait à Foncenex la partie analyticjue de ses Mémoires, en lui laissant le soin de développer les raisonnements sur les([uels portaient ses formules. En effet, on remarque déjà dans (*es Mémoires cette marche purement analytic[ue qui depuis a fait le caractère des grandes productions de Lagrange. Il avait trouvé une nouvelle théorie du levier. Klle fait la troisième Partie d'un Mémoire qui eut beaucoup de suc(*ès; Foncenex, pour récompense, fut mis à la tête de la marine ([ue le Roi de Sardaigno formait alors. Les deux premières Parties paraissent du même style et de la même main; sont-elles également de Lagrange? Il ne les a pas expressément réclamées, mais ce qui peut diriger nos conjectures sur le véritable auteur, c'est c[ue Foncenex cessii bientôt d'enrichir les llecueils de la nouvelle Académie, et c|ue Montucla, ignorant ce qui nous a été révélé par M. Lagrange à ses derniers instants, s'étonne cjue Foncenex, après s'être annoncé si avantageusement, ait interrompu des recherches c[ui pouvaient lui faire un grand nom.
'* Dautrrs (lis<*nt fjuinze ou dix-neuf.