‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 101 sur 269 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

eominB des sanglots au fond de la seconde chambre. Je fis trembler légèrement la porte comme si elle eût été seulement ébranlée sur ses gonds par le vent, afin d'appeler peu à peu Tattention de Graziella, et pour que le son soudain et inattendu d*une voix humaine ne la tuât pas en l'appelant. La respiration s*arréta. J'appelai alors Graziella,à demi-voix et avec Taccent le plus calme et le plus tendre que je pus trouver dans mon cœur. Un faible cri me répondit du fond de la maison.

J'appelai de nouveau en la conjurant d'ouvrir à son ami, à son frère qui venait seul, la nuit, à travers la tempête et ^uidé par son bon ange, la chercher, la découvrir, l'arracher à son désespoir, lui apporter le pardon de sa famille, le M>u, et la ramener à son devoir, à son bonheur, à sa pauvre îîrand'mère, à ses chers petits enfants !

« Dieu î c'est lui I c'est mon nom ! c'est sa voix I » s'écriat-elle sourdement.

Je l'appelai plus tendrement Graziellina, de ce nom de r;in*sse que je lui donnais quelquefois quand nous badinions eri^i^nible.

« Oh! c'est bien lui, dit-elle. Je ne me trompe pas, mon Dieu ! c'est lui ! »

Je l'entendis se soulever sur les feuilles sèches qui bruissaient à chacun de ses mouvements, faire un pas pour venir ui*ou\rir, puis retomber de faiblesse ou d'émotion sans pouvoir aller plus avant.

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