‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 106 sur 269 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

«1 sera signe que je dois accomplir mon dessein , et je la '( suivrai pour jamais au monastère.

« Mais si c'était lui qui parût avant elle!... lui qui «Int, " guidé par mon ange, me découvrir et m'arreter au bf>rf1 « (le mon autre vie !... Oh! alors, ce sera signe que vous ni> • >ouIez pas de moi, et que je dois retourner avec fui pour <• Taimer le reste de mes jours!

a Faites que ce soit lui ! ai-je ajouté. Faifes re mir^^-ff* «* (\e plus, si c'est votre dessein et celui de f>iea: Four Totv «i tt'nir, je vous fais un don, le seul que je paLsft#> (airt*:. ninî qui n'ai rien. Voici mes cheveux, met* p;)rivn*î^ h ïtm'j^ c che\eui qu'il aime et qu'il dénoua m vm^^ut ^n ranr •j |)our U*s voir flotter au vent sur mes ép^nM. Prï^ne^-i»*^ ' je 10US les donne, je vais les couper mof-in*^mi^ ;>«.iir î'^»ui ' prou^^rque je ne me réserve rien, et qz^ m;» vv ^una ' d'avance le ciseau qui les couperait <\*'tLA.% •»^ti oih^ i^na- « rant du monde. •

^ r»^ mots. Hl^* écarta de la m^.'o :p*;<r.»^ #> n«Mirnn»r

•1»^ S4»if qui lui couvrait la tête. ^ fr^^tJk^* -if*: /<iiî.*> e^

infi2 »*ih^if^-au d»* s#*s rhe»eux cr/op^-* «*< c.'Vtîi*-* î •.•j«J' f ^it^

Mir !♦• lit de f»^fjLlîr>. #*!!•* n**- kf^ s:-. i'.^^ *n. **ft ti*^-\»ii;<tii.

La Ha'S.n*» a fe.t !^ BL.râ-^w-^! r*Ç'rrt'-»*.j> i^*^ ru* v\r:

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216 C0NFII)KN<:KS.

on ajoutant rattendrisscment à radmiration. Otte probn»* lion d*olle-méme, ce suicide de sa beauté pour rameur de moi, me portèrent au cœur un coup dont le retentiaseinent ébranla tout mon être et me précipita le frt>nt contre ti^rre à ses pieds. Je pressentis ce que c'était qu*aimer et je ph» ce pressentiment pour de Tamour !

Hélas I ce n'était pas le complet amour, ce n*en était eu moi que Fombre. Mais j'étais trop enfant et trop naïf encorp pour ne pas m*y tromper moi-même. Je crus que je rador«i% comme tant d'innocence , de l)eauté et d*aniour méritak»ni d'être adorés d'un amant. Je le lui disa\ec cet accent Mnrrfrr que donne l'émotion et avec cette passion contenue qin» donnent la solitude, la nuit , le désespoir, les larmcni. Kll«* k crut, parce qu'elle avait besoin de le croire pour %i%n», h parce qu'elle avait assez de passion elle-même dans son ânr pour couvrir l'insuffisance de mille autres coeurs.

La nuit entière se passa ainsi dans reniretien confiaol mais naïf et pur, de deux étn*s qui se dévoilent innomnment leur tendresse et qui voudraient que la nuit et le siknrr fussent éternels pour que rien d'étranger à eux ne >lnt > interposer entre la bouche et le cœur. 8a piété et ma n-sw» timide, l'attendrissement même de nos «Imes, éloifcnaiest de nous tout autre danger. Le \oile de nos larmes riait sur nous. Il n'y a rien de si loin de la volupté que l'atli^drissement. Abuser d'une pareille intimité, c'eût étéprolanrr deux Ames.

Je tenais ses deux mains dans les miennes. Je les s«*nlai^ se ranimer à la vie. J'allais lui chercher de IVau fraîche poor ïmri' dans le cn*ux de ma main ou pour essujer son Cmoi et ses joues. Je rallumais le feu en } jetant quelques^ limi< ches ; puis je revenais m*asseoir sur la pieiTe h c6té du fueo: de myrti'oii reposait sa tête, |K>ur entendre et |N>ur t»ntPOdn^

-MJI-lfT

i18 CONFIDENCES.

elle était le feu. En le reflétant, je croyais le produire. N'importe-, ce rayonnement, répercuté de Fun à l'autre, semblait appartenir à tous les deux et nous envelopper de Tatmosphère du même sentiment.

XXIH

Ainsi s'écoula celte longue nuit d'hiver. Cette nuit n'eut pour elle et pour moi que la durée du premier soupir qui dit qu'on aime, il nous sembla, quand le jour parut, qu'il venait interrompre ce mot à peine commencé.

Le soleil était cependant déjà haut sur l'horizon quand ses rayons glissèrent entre les volets fermés et pâlirent la lueur de la lampe. Au moment où j'ouvris la porte, je vis toute la famille du pécheur qui montait en courant l'escalier.

La jeune religieuse de Procida, amie de Graziella, à qui elle avait envoyé son message la veille et confié le dessein d'entrer le lendemain au monastère, soupçonnant quelque désespoir de cœur, avait envoyé la nuit un de ses frères à Maples pour avertir les parents de la résolution de Graziella. Informés ainsi de leur enfant retrouvée, ils arrivaient en hâte, tout joyeux et tout repentants, pour l'arrêter sur le bord de son désespoir et la ramener libre et pardonnée avec eux.

La grand'mère se jeta à genoux près du lit en poussant de ses deux bras les deux petits enfants qu'elle avait amenés pour l'attendrir, et en se couvrant de leurs corps comme d'un bouclier contre les reproches de sa petite-fille. Les enfants se jetèrent tout en cris et tout en pleurs dans les bras de leur sœur. En se levant pour les caresser et pour embrasser sa grand'mère, le mouchoir qui couvrait la tête de Graziella tomba et laissa voir sa tête dépouillée de sa chevelure. A la vue de ces outrages à sa beauté dont ils comprirent trop le sens, ils frémirent. Les sanglots éclatèrent de nouveau dans la maison. La religieuse qui venait d'entrer calma et

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