‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 127 sur 269 · L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

L'HIRONDELLE

A MADEMOISELLE DE VIMCY.

Pourquoi me fuir, passagère hirondelle?

Viens reposer ton aile au[^rès de moi.

Pourquoi me fuir? c'est un cœur qui t'appelle. Ne suis-je pas voyageur cofdme lof ?

Dans ce désert le destin nous rassemble. Va, ne crains pas d'y nicher près de moi. Si tu gémis, nous gémirons ensemble.

Ne suis-je pas isolé comme toi ?

Peutr-ètre, hélas ! du toit qui t'a vu naître , Un sort cruel te chasse ainsi que moi ; Viens t' abriter au mur de ma fenêtre.

Ne suis-je pas exilé comme toi ?

As-tu besoin de laine pour la couche De les petits frissonnant près de moi?

J'échaufferai leur duvet sur ma bouche.

N'ai-je pas vu ma mère comme toi ?

Vois-tu là-bas, sur la rive de France , Ce seuil aimé qui s'est ouvert pour moi ? Va ! portes-y le rameau d'espérance.

Ne suis-je pas son oiseau comme toi ?

Ne me plains pas! Âh ! si la tyrannie De mon pays ferme le seuil pour moi , Pour retrouver la liberté bannie , N*avons-nous pas notre ciel comme toi ?

J'adressai cette romance, par le batelier, à M"^ de Vincy. Ce fut mon adieu à mes hôtes.

Noble et hospitalière famille I Le souvenir de ses bontés ne m'a jamais quitté depuis. J'ai toujours regretté de n'avoir

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