LIVRE PREMIER
milieu de cette contrée de druides. Ce ch&teau, disent les paysans des environs, a été bâti pour les étoiles, car il n*y a qu'elles qui puissent le voir. Il est à une demi-heure de chemin du village. Un magnifique ermitage ; un contre-sens entre la splendeur de l'édifice et l'emplacement, voilà son caractère. De vastes jardins découpés à coups de hache sur les bois Tenvironncnt. Ces jardins ne sont pas et ne peuvent pas £tre nivelés ; ils suivent les ondulations du plateau, ici ouverts, ici fermés par les montagnes, les plaines, les gorges profondément encaissées sous les rochers ; défrichements partiels noyés dans les feuillages des collines et des mamelons. Quatorze sources, rare suintement de ces flancs de roc, y ont été recueillies dans de longs conduits souterrains, qui les répandent rà et là en conques murmurantes, en vasques de pierre, en dauphins à barbe de mousse verte, en pièces d'eau rondes, ovales, carrées, de toutes formes et de toutes grandeurs. L'une d'elles porte bateau, et j'aimais à en détacher la chaîne et à la laisser dériver parmi les joncs. La fontaine qui s'y verse à gros bouillons éternels s'appelle la fontaine du Foyard, du nom d'un hêtre séculaire qui ombrage la source et qui couvre un demi-arpent de ses branches et de sa tiuit. C'est cette source que j'ai célébrée un jour, en revenant baiser sa chère écume, sous le titre: