‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 198 sur 269 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Oui , c'est moi que tu vis naguères , Mrs blonds cheveux livrés au vent.

Irriter tes vagues légères Faites pour la main d'un enfent.

C'est moi qui , couché sous les voûtes Que ces arbres courbent sur toi , Voyais, plus nombreux que ces gouttes.

Mes songes flotter devant moi.

L'horizon trompeur de cet âge Brillait, comme on voit, le matin.

L'aurore dorer le nuage Qui doit l'obscurcir en chemin.

Plus tard, battu par la tempête, Déplorant l'absence ou la mort.

Que de fois j'appuyai ma tète Sur le rocher d'où ton flot sort!

Dans mes mains cachant mon visage.

Je le regardais sans te voir, Et , comme des gouttes d'orage , Mes larmes troublaient ton miroir.

Mon cœur, pour exhaler sa peine. Ne s'en fiait qu'à tes échos :

Car tes sanglots, chère fontaine, 5>emblaient répondre à mes sanglol>.

Et maintenant, je viens encore, Mené par l'instinct d'autrefois.

Écouter ta chute sonore Bruire à l'ombre des grands bois.

Mais les fugitives pensées Ne suivent plus les floLs errants Comme ces feuilles dispersées Que ton onde emporte aux torrents.

D'un monde qui les importune Elles reviennent à la voix.

Aux rayons muets de la lune Se recueillir au fond des bois.

Mi NOUVELLES CONFIDENCES.

Oubliant le fleuve où fentralne Ta course que rien ne ntepend.

Je remonte de veine en veine Jusqu'à la main qui te répand.

Je te vois, fille des nuaires, Fotlant en vagues de vapeurs, Ruisseler avec les orages Ou distiller au sein des fleurs.

Le roc altéré te dévore Dans Tablme où grondent ses eaux ; Ou le gazon, par chaque pore, Boit goutte k goutte tes cristaux.

Tu filtres, perie virginale , Dans des creusets mystérieux.

Jusqu'à ce que ton onde égale L'azur élincelant des cieux.

Tu parais! le désert s'anime; Une haleine sort de les eaux.

Le \ ieux chêne élargit sa cime Pour l'ombrager de ses rameaux.

Le jour flotte de feuille en feuille; L'oiseau chante sur ton chemin.

Et l'homme à genoux te recueille Dans Tor ou le creux de sa main.

Et la feuille aux feuilles sVntassv*, Et fidèle au doigt qui t*a dit :

« Coule ici pour Poiseau qui passe! »

Ton flot murmurant ra\ertit.

Et moi , tu m'attends fiour me dire :

« Vois ici la main de ton Dieu!

Ce prodige que l'ange admire.

De sa sagesse n'est qu'un jeu. •

Ton recueillement, ton murmure.

Semblent lui préférer mon cœur; L'amour sacré de la nature Est le premier hymne à l'auteur.

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