‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 206 sur 269 · LIVRE DEUXIÈBie · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈBie

de son âge , tout ce qui compose , à Paris ou à Londres, lYducation d^une jeune fille accomplie. Elle a?ait étudié rhistoire ; elle avait lu, par fragments, les grands poètes traduits de Tantiquité ; elle parlait trois langues sans les avoir apprises autrement que par l'usage, le français, l'anglais, l'italien. Elle avait entendu, chez son père et chez sa mère, les entretiens sérieux des hommes distingués de ces trois nations, entretiens que les enfants n'ont pas l'air d'écouter, mais qu'ils retiennent. Les émigrés français euxmêmes étaient des novateurs audacieux en comparaison des idées et des mœurs de l'Italie cloîtrée. Glotilde, quoique pieuse comme sa mère, planait, toute jeune qu'elle était, sur l'ignorance et sur la puérilité des dévotions de son cloître.

Elle avait apporté au couvent quelques volumes de choix de ses meilleurs livres d'éducation anglais et français que les religieuses romaines avaient admis sans les comprendre, et dans lesquels elle s'instruisait ou se charmait elle-même pour se préserver de l'oisiveté et de la contagion de commérages de ce petit monde séquestré de toute idée. Son exemple et sa conversation instruisaient plus Régina que les fastidieuses leçons de ces religieuses, ignorantes comme des enfants en cheveux blancs.

Glotilde avait éprouvé pour Régina, au premier coup d^œîl, la même inclination naturelle qui avait entraîné Régina vers la jeune Française. La merveilleuse beauté de l'Italienne avait été comme un rayon flottant sur les mui-s de sa cellule ; son cœur avait bientôt suivi ses regards. La beauté, surtout quand elle est composée de ce mystère qu'on appelle charme, ne darde pas seulement du front de la femme dans le regard de l'homme ; elle impressionne différemment, mais elle impressionne aussi les yeux et le cœur entre de jeunes beautés du même sexe; elle produit chez les hommes l'amour; chez les femmes l'admiration, et l'attitiit de rame. La beauté est un don inconnu et une puissance magique. Il n'est permis à aucun être vivant d'y échapper. Être belle, c'est régner.

M^ 5:iTEllE5 CONFIDENCES.

Hirfîf b*Ms. i^îLin» ±-.-*s senaî^rf ni Tane par Fautre cette jfuiJiKiiiiQf' iionil"^^ <ùt M hiAuié diverse , mais éclatante chez uio^îf '{jfox. <u^c iLlu^tsrsïjt m^me. oa cette opposition de ittuioi niOjD^a:::'^ (£iijrs>Qi'>(Lâ}die. rayonnante, transparente, i:L.-)iîim.'^'i ji.'iEj it'..irfai •^i«' «dlan» Rê^na. fut peut-^tre à leur ^isHL xaïf -Ois cibi»e$» ^zâ ks attira darantage Tune Ters 1 uL'ZTf,. Lif* «{iM:z-ttSii* ^'aiiajrv'Ot, parce qu*ils se complètent. ILi^îL? tn^t»* û'vjia T^LLi^a»? s^-ntiment d'existence qu'elles >utfw^a: i-i«. *&Liii> ^j^-ti-t «scoîiade. Les petites filles qui vfîiiu^îL: i,;c'^* 'tLj*^ «^Oij^iuii trop en£ints, les religieuses ^Kijfa-: r'.'i:» iTAi'fiwsxfiii 1^ <ell Inc.p submergées dans leurs IL L L-L.»*îf fi: ÙLiti^ •M'un* ^*>rkC p»e* pour offrir aucune occasion 'J: LJhisi i -wîf ii'*.z\ l:i>fî> de ■q.iaiorie et quinze ans. Elles se ^^ji^i^îi: T'^J.'-L.-^if* >;jTi:i;»iiIii.j j-ement Tune contre Tautre, et -îLi^* >~fa uv/j'^JiastKiDa îiiit-i-euï^meut ; car, bien qu*iuno- »ciiiLif <\:aLZîfi ifiiiT» ojccis, leur amitié était jalouse ; elles ■i-wL^i'^': ii:t Eii^liipe^ffiîiftsde la moindre rivalité d'affection.

\VI

EL>î> zn <y>'2dLkA-:ûi'\ j*<>]nl dans le dortoir des plus petites y»^uf5i::c:::jiijp» : -^1^:* a^acen! pour elles deux cellules laissées \-iL^{^^ih:r 11 3a»rt ^t diox de> anciennes recluses du couvent, i Ik s-iie k£«. ofl-u]'fti d-es religieuses. Les deux petites <f2.JL:x/:«îr¥* iiL>u-ea3ll St^^rivs que par un mur: elles pre- Eîiirta': ^'ar 5;;iir Ha k-nrasNe auniessus du cloître, en sorte que, bx"Si 'i^:^ «'* c2-o*i> dts jv>ries de leurs cellules qui donnaient sur U OiWY{uit>r iTu^s^ent retirées cbaque soir par la supérioîir>?. C;H>'::..if et Repiw n'avaient qu'à ouvrir leurs fenêtres ol à fek^re Ipoîs pix à piieds nus, sans bruit, sur les dalles de la lerrassïe^ p^>ur passer de Tune chez Fautre, et prolonger longiem^iKS dans la nuit les lectures, les entretiens ou les nîverù^ qui les avaient occupées le jour.

La rv^$le de la maison les obligeait à se coucher à huit heures^ même Fêté, au moment où la lune et les étoiles

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