‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 217 sur 269 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

an air d'incrédulité, son mariage, qui ne paraissait pas IV larmer sérieusement sur son avenir; que je passai la soirée entre la grand'mère, la nourrice et elle, dans le jardin du couvent et sur la terrasse, à parler de Glotilde; que la porte du couvent me sera ouverte tous les jours pour aller librement m*entretenir de ma sœur; que je fais partie de la famille, comme si leur chère Glotilde avait véritablement ressuscité en moi pour elles I que j'ai les yeux éblouis, Tûme i\Te, le cœur noyé de sensations! que j*ai plus vécu dans cette soirée que dans les vingt-trois années de ma vie, et que si Dieu me disait de choisir entre un siècle à mon choix, sans elle, et la minute où j'ai vu Régina s'avancer, le bouquet funèbre à ' la main, vers la pierre de ma sœur, puis relever son visage vers moi dans un rayon de soleil, je n'hésiterais pas, mon ami, je prendrais la minute I Elle contient plus de délire qu'une éternité I Adieu, adieu, adieu I »

Page 1