LIVRE DEUXIÈME
« Est-ce que vous ne reviendrez jamais à Rome? me ditclie d'une voix qui tremblait d'avance de ce qu'on allait lui répondre.
— Non, répondîs-je, je ne suis pas libre de mes pas.
— Et où serez-vous cet hiver?
— A Paris, » lui dis-je.
Alors, me prenant pour la dernière fois la main :
« Eh bieni moi, je suis libre, dit-elle, et j'y serai! w
Je compris l'accent de résolution inflexible et passionné
avec lequel elle avait prononcé cette espèce de serment
intérieur de nous revoir.
« Non, lui répondis-je, n'y venez jamais.
— J'irai , » dit-elle.
La soirée fut triste et silencieuse dans le salon de la comtesse Livia, comme entre amis la veille d'une séparation étemelle.
L'hiver suivant, je reçus à Paris un billet de Régina qui m'apprenait qu'elle venait d'arriver avec sa grand'mère, qu'elles étaient descendues, sous la conduite d'un des oncles de la jeune princesse, à l'hôtel de ***.
Nous nous revîmes à Paris.