‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 236 sur 269 · VII. 3t · texte numérisé non relu

VII. 3t

La pyramide assise aa milieu de ce deuil.

Des enfants de Memnon magnifique cercueil.

Brise comme un écueil le sable qu'elle arrfte!

Et sur les flols mouvants qu*agile la tempête.

Seul et dernier témoin d'un peuple anéanti.

Flottait comme le mât d*un navire englouti!

Toilà ces monts glacés d*oà descendait Taurore;

De son pèle reflet Fastre les frappe encore!

Mais leurs fronts, dépouillés par Faile des autans.

Semblent s'être abaissés sous le fardeau du tempsî

Ici teignant leurs pieds d'une écume azurée.

Le Bhône en bouillonnant sillonne la contrée

Où s*avançant vers lui par d'obliques détours,

La Saône en serpentant fait douter de son cours ^

Se rapproche, s'éloigne et revient avec grâce

S'unir en murmurant an fleuve qui l'embrasse.

En remontant le cours de ces tranquilles eaux,

Je vois à l'occident onduler ces coteaux.

Dont les sommets, pareils aux vagues écroulées.

Semblent en se courbant fondre sur les vallées.

Cest là que je naquis; voilà l'humble séjour

Où mon regard s'ouvrit à la beauté du jour.

Sur le flanc décharné de cette humble colline.

Le lierre embrasse encore une antique ruine.

Cétaitl... Pardonne aux pleurs qui tombent de mc3 yeux.

C'est un dernier débris du toit de mes aiéux!

De là , longeant les bords de la mer de Tyrrhène,

n s'abat comme un aigle au sommet de Pyrrfaène ,

Me montre a\-ec horreur aux rives de deux mers

L'Ibérie étalant ses monuments déserts.

L'Alhambra, fier encor de ses splendeurs antiques.

Prolongeait sous mes pieds ses élégants portiques.

Où l'Arabe, accouplant les gracieux arceaux ,

A façonné le marbre en flexibles berceaux.

c Deux peuples ont bâti ces murs que tu contemplesf

L'Arabe et le chrétien ont prié sous ces temples!

Les pierres sont debout : les peuples ont passé! »

Il dit, et franchissant Pyrrhéne au front glacé.

D'un Tol irrégulier serpentant dans la plaine.

Le souffle impétueux m'emportait vers la Seine!

Mais, quand du haut des airs mes regards effrayés

Reconnurent ces bords qui fuyaient sous mes pieds :

t Que de ton vol ardent la course se modère.

Lui dis-je. et de plus près rasons ici la terre!

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