LIVRE QUA.TRIÈME
obéissante. Elle n'écrivait pas avec cette force de conception t-t a\pc cet éclat d'images qui caractérisent le don de l'expression. Elle parlait et écrivait avec cette simplicité claire et limpide d'une femme qui ne se recherche jamais elle-même, ♦'I qui ne demande aux mots que de rendre avec justesse VI |)fnsée, comme elle ne demandait à ses vêtements que de la w*tir et non de l'embellir. Sa supériorité n'était point dans sa UHe, mais dans son âme. C'est dans le cœur que Dieu a placé le génie des femmes, parce que les œuvres de ce génie siint toutes des œuvres d'amour. Tendresse, piété, courage, iM'roîsme, constance, dévouement, abnégation d'elle-même, M'nMiité sensible, mais dominant par la foi et par la volonté rt* qui souffrait en elle : tels étaient les traits de ce génie élevé «ju»» tous ceux qui l'approchaient sentaient dans sa vie et non dans ses œuvres écrites. Ce n'est que par l'attrait qu'on se vMitait dominé auprès d'elle. C'était une supériorité qu'on I)»' reconnaissait qu'en l'adorant.
Le fond de cette âme, c'était un sentiment immense, l«*ndre et consolant de l'infini. Elle était trop sensible et trop %as(e pour les misérables petites ambitions de ce monde. EIIp I«* traversait, elle ne Phabitait pas. Ce sentiment de Fin- (iiii en tout, et surtout en amour, avait dû se convertir pour o\l4* en une invocation et en une aspiration perpétuelle à r#'lui qui en est la source, c'est-à-<iire à Dieu. On peut dire qnVlle vivait en Dieu autant qu'il est permis à une créature <r> \t\Te. 11 n'y a pas une des faces de son âme qui n'y fût sans cesse tournée, qui ne fût transparente, lumineuse, rérhauffée par ce rayonnement d'en haut, découlant direcleiiifut de Dieu sur nos pensées. 11 en résultait pour elle une l»iéié qui ne s'assombrissait jamais. Elle n'était pas dévote dans le mauvais sens du mot; elle n'avait aucune de ces terrt-un», de ces puérilités, de ces asservissements de Tâme, de