‹ Œuvres de Lamartine (volume 2)Chapitre 261 sur 269 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

humain. Les tremblements de teri-e donnent un vertige ; le peuple, en voyant s écrouler en m(^me lenips son trône, sa société, ses autels, s'était cru à la fin des temps. Le fer et le 'f(*u avaient ravagé les temples; l'impiété avait persécuté la foi, la hache avait frappé les prêtres, la conscience et la prière avaient él(* oblij;ées de se cacher comme des crimes; le Dieu domesli(jue était devenu un secret entre le père, la mère et hîs enfants; la pirséculion avait attendri le peuple pour le sacerdoce, le sang avait sanctifié les martyrs, les ruines des temples jonchaient le sol et semblaient accuser la terre d'athéisme. De plus, le monde était triste comme après les Jurandes commotions; une mélancolie inquiète avait saisi les imaginations; on clierchail l'oracle pour dire au genre humain son avenir. M. de Chateaubriand montra l'autel ancien, la religion du berceau, la prière aux genoux plies devant la mère, le vieux piètre blanchi par la proscription revenant errer sur les tombes des aïeux, rapporter aux chaumières le Dieu exilé, le son de la cloche du berceau, l'hymne de l'encens, le mjstère, l'espérance, la consolation, le pardon ; le cœur était de son parti ; on accepta pour prophète de l'avenir le poète qui brodait de tant de fleui^s sacrées et de tant de larmes saintes le linceul du passé. Jamais la poésie n*avait fait une pareille conversion des cœurs par la magie de l'imagination et par l'élégance du sentiment. Ce livre étonna le monde comme une voix sortie du sépulcre. On admira, on se souvint, on pleura, on pria, on ne raisonna plus. La France avait été convaincue par le cœur.

De ce jour, M. de Chateaubriand était devenu l'homme Ui'cessaire de toutes les reblaurations. 11 avait restauré le christianisme et Dieu dans les âmes : comment ne restaurerait-il pas la monarchie et les rois dans leurs palais? Cher à l'Église qu'il avait rajeunie dans ses larmes, cher à l'aristocratie dont il avait sanctilié la proscription, cher aux femmes par la tendresse de ses poèmes, où la religion ne luttait avec lamour que pour diviniser la passion, cher à la jeunesse qui entendait pour la première fois dans cette poésie des notes où la nature et Dieu résonnaient comme des cordes neuves VII. 35

ajoutées à rinstnuneDt lyrique du cœur de rhomme; son nom régna sur le sanctuaire, sur le foyer domestique, sur le berceau des entants, sur la tombe des pères, sur le presbytvne du hameau, sur le château du village, sur la couche des époux, sur le rére du jeune homme; la poésie s*était perdue dans rathéisme : il FaTait retrouvée en Dieu. La poésie sera une des puissances réelles de ce monde tant que le don de rimagination sera une moitié de la nature humaine.

M. de Chatoaubriand était rentré librement en France j)H»ur y publier ce Uire, Bonaparte, qui était le poète du Pk^SM^ aussi en arîion. voulait une main assez riche de cou- K ùrs pvuir h;! dùner les institutions. les préjugés, les presî!c;< s.ïr h> v.ei> il fnmiait sa puissance. Son génie vaste, n;a;s \wu crva î»nîr, n*i :;îit i>as autre chose que le génie même iic> n>:;5:;Ktt:oîîs, Il aspirait à Défaire en lui Charlemagne, co cî\ rt^our d ;.n temps à la fin dun autre, le dixième siècle à kî :'.r. tiu d:\-huilieme. 11 se trompait de date et remontait r«^i^r!t î.r.îri:v:n ôe hîiiî sit-cît^. M. de Chateaubriand lui ciinirK.;: i il lit-^ait con\enirâ M. de Chateaubriand. Leur Kuv c:;vi: :a n-;n)e : M. de Chateaubriand était le Napoléon Or U î!îUT\tî«re.

Ltvr>.t,n no rtsisla pas aux avances du conquérant ; ii

u\\ nor.r.Vîi M:cn4.î.n- d',inil»dNNade à Rome, la capitale du c,.:hx'4.v«>.H0 rt>u;;rx\ o.i roijclc de Bonaparte, le caitlinal Ki-soh, tU.î itîv.lvtSNJïlit *;r. CtHe suballemité ne satislil pas loiuu ù.ji> 4Î.V r.;;v.t ..c ct ;.îr t^ui n^zuait par le talent sur sa |kiîuo ; ii a^u.y i; jvir ôe Ujtx}uiiA<<!s querelle^ a^ec ce! ambas-

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