‹ Œuvres de LamartineChapitre 101 sur 145 · LE LISERON · texte numérisé non relu

LE LISERON

Dans les blés mûi's, un soir de iCtio, La jeune fille me cueillit ; Dans ses cheveux noirs, sur sa lêle.

Ma blanche étoile rejaillit.

Fleur domestique et familière.

Je m'y collais, comme le lierre Se colle au front du dahlia ; Sa joue en fut tout embellie ; Puis j'en tombai froide et pâlie :

Son pied distrait me balaja.

Mais le matin, sous sa fenêtre, Un passant me vit par hasard , Se pencha pour me i*econnaltre.

Et me couva d'un long regard.

<( Viens; dit-il, pauvre fleur sauvage.

Viens, mon amour et mon image, Objet d'envie et de dédain , Viens sécher sur mon cœur posée :

Mes larmes seront ta rosc'o.

Mon âme sera ton jardin ! »

Depuis ce jour, rampant dans Therbe, Je m'enlace autour d'auti-es fleui*s; J'abrite leur tige superl)e Et je relève leui-s coulcui-s; Et quelquefois les jeunes filles Me fauchent avec leurs faucilles , Pour faii-e un nuage à leur front :

Je nais pâle et toute fanée , Je suis le lierre d'une année.

Foulez les pauvres liserons !

XoTcmbrc 1848.

Page 1