‹ Œuvres de LamartineChapitre 125 sur 145 · L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

L'HIRONDELLE

A MADEMOISKLLE DE VIKCY

Pourquoi me fuir, passagère hirondelle ? Viens reposer ton aile auprès de moi.

Pourquoi me fuir? c'est un cœur qui t'appelle : Ne suis-je pas voyageur comme toi ?

Dans ce désert le destin nous rassemble : Va, ne crains pas d'y nicher près de moi. Si tu gémis i nous gémirons ensemble : Ne suis-je pas isolé comme toi?

Peut-être, hélas! du toit qui t'a vu naître Un sort cruel te chasse ainsi que moi. Viens t'abriter au mur de ma fenêtre : Ne suis-je pas exilé comme toi?

As-tu besoin de laine pour la couche De tes petits, frissonnant près de moi? J'échaufferai leur duvet sous ma bouche : N'ai-je pas vu ma mère comme toi?

Vois-tu là-bas, sur la rive de France, Le seuil aimé qui s'est ouvert pour moi ?

:>:iS L'HIRONDELLE.

\a, portes-} le rameau (respérance :

Ne siiis-je pas son oiseau comme toi?

\e me plains pas... Ah! si la tyrannie De mon pays ferme le seuil pour moi, Pour retrouver la liberté bannie iN'avons-nous pas notre ciel comme toi?

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