AU PRINCE ROYAL DE BAVIERE
VOYAGEANT EN GUECE
Péra, It» 6 juillet If-Sri.
Pèlerin inconnu des vieux sentiers du monde, Quitter l'ombre et la paix des foyers paternels , Se laisser dériver aux caprices de Tonde , ^el•s tous les bords lointains qu'un nom lit éternels;
Saluer d'une larme, à travers sa ruine,
Le temple de MineiTC au lumineux fronton;
Sentir battre un cœur d'homme au roc de Salamine;
ï\(*\ov des songes d'or sur le cap de Platon:
Écouter le destin, sur l'airain de ses pages, Des peuples et des dieux sonner le jour fatal ; Ou remuer du pied, dans la poudre des âges. Ce que l'aile du temps jette du piédestal ;
Toucher du doigt le vide et l'étroit de la vie;
Confesser sa misèix; et goûter son néant,
Et dire à chaque pas, sans regret, sans envie :
u Ce monde est comme nous petit : Dieu seul est grand! »
Du voyageur obscur voilà chaque journée : De poussière en poussière il s'égare à pas lents; Le flot porte sans bruit son humble destinée. Et le reporte au gtte avec des cheveux blancs !