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LE MONT BLANC

SUR ex PAYSAGE DE M. CâLAME

Montagne à la cime Toilée, Pourquoi vas-tu chercher si haut, iu fond de la voùle étoîlêe.

Des autans Téternel assaut?

Des sonmiels triste privilège!

Tu siHiffres les âpres climats.

Tu recois la foudre et la neige.

Pendant que Tété germe en bas.

A tes pieils sVndort sous la feuille, A Tombre de tes vastes flancs, La vallée où le lac recueille L*onde des glaciers ruisselants.

Tu t'enveloppes de mystère , Tu te tiens dans un demi-jour.

Comme un appas nu de la terre.

Que couvre ton jaloui amour.

Ah î c'est là Timage sublime De tout ce que Dieu fit grandir :

Le génie à Pauguste cime S'isole aussi pour resplendir.

Le bruit, le vent, le feu, la glace.

Le frappent éternellement.

Et sur son front gravent la trace D'un froid et morne isolement.

Mais souvent, caché dans la nue.

Il enferme dans ses déserts.

Comme une vallée inconnue.

In cœur qui lui vaut Tunivers.

O sommet où la foudre gronde , Où le jour se couche si tard , >e veut resplendir sur le monde Que pour briller dans un regard !

Eiî le voyant, nul ne se doute Qu'il ne sVlance au fond des cieux, Qu'il ne fend l'azur de sa voûte Que pour être suivi des yeux;

Kt que de nuage en nuage î^'il monte si haut, c'est pour voir, I-a nuit, son orageuse image L.uire, ô lac, dans ton beau miroir!

Paris, i6 mars I»40.

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