‹ Œuvres de LamartineChapitre 36 sur 145 · LA TERRE NATALE · texte numérisé non relu

LA TERRE NATALE

Pourquoi le prononcer, ce nom de la patrie? Dans son brillant exil mon cœur en a frémi; H résonne de loin dans mon âme attendrie , Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l'automne. Vallons que tapissait le givre du matin. Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne. Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Mui's noircis par les ans, coteaux, sentier rapide. Fontaine où les pasleui-s accroupis tour à tour Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide. Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour;

Chaumière où du foyer étincelait la flamme. Toit que le pèlerin aimait à voir fumer : Objets inanimés, avez-vous donc une âme Qui s'attache à notre âûie et la force d'aimer?

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HARMONIES POÉTIQUES. m

Jai vu des deux d*azur, où la nuit est sans voiles, Dorés jusqu'au matin sous les pieds des étoiles , arrondir sur mon front, comme un arc infini, Leur dôme de cristal qu'aucun vent n'a terni; J « TU des monts voilés de citrons et d'olives Réfléchir dans les eaux leurs ombres fugitives. Et dans leurs frais vallons, au souffle du zéphyr. Bercer sur Pépi mûr le cep prêt à mûrir; Sur des bords où les mers ont à peine un murmure, Jai TU des flots brillants Tonduleuse ceinture PitSîjer et relâcher dans l'azur de ses plis Ik' leurs caps dentelés les contours assouplis , S'étendre dans le golfe en nappes de lumière. Blanchir l'écueil fumant de gerbes de poussière, Porter dans le lointain d'un occident vermeil Des Iles qui semblaient le lit d'or du soleil. Ou, s'ouvrant devant moi sans rideau, sans limite, Me montrer l'infini que le mystère habite ; J'ai TU ces fiers sommets, pyramides des airs. Où Tété repliait le manteau des hivers, Ju^ijuau sein des vallons descendant par étages, KiitR'couper leurs flancs de hameaux et d'ombrages, IH* pics et de rochers ici se hérisser, to pentes de gazon plus loin fuir et glisser. Lancer en arcs fumants, avec un bruit de foudre, Li^urs torrents en écume et leurs fleuves en poudre; Sur leurs flancs éclairés, obscurcis tour à tour, Former des vagues d'ombre et des lies de jour, Ln'u^er de frais vallons que la pensée adore, lU'inonter, redescendre, et remonter encore, Puis des derniers degrés de leurs vastes remparts, K traders les sapins et les chênes épars, bans le miroir des lacs qui dorment sous leur ombre J»'ter leurs reflets verts ou leur image sombre, j Lt sur le tiède azur de ces limpides eaux I Faire onduler leur neige et flotter leurs coteaux; I J'ai visité ces bords et ce divin asile

Qua choisis pour dormir Fombre du doux Vii^ile, Ces champs que la Sibylle à ses yeux déroula, El Cume, et l'Elysée : et mon cœur n'est pas là!...

Mais il est sur la terre une montagne aride

Qui ne porte en ses flancs ni bois ni flot limpide.

Dont par Teffort des ans l'humble sommet miné.

Et sous son propre poids jour par jour incliné ,

Dépouillé de son sol fuyant dans les ravines.

Garde à peine un buis sec qui montre ses racines ,

Et se couvre partout de rocs prêts à crouler.

Que sous son pied léger le chevreau fait rouler.

Ces débris, par leur chute, ont formé d'âge en âge

Un coteau qui décroît et, d'étage en étage.

Porte, à l'abri des murs dont ils sont étayés.

Quelques avares champs de nos sueurs payés.

Quelques ceps dont les bras, cherchant en vain l'érable,

Seipentent sur la terre ou rampent sur le sable ,

Quelques buissons de ronce, où Fenfant des hameaux

Cueille un fruit oublié qu'il dispute aux oiseaux ,

Où la maigre brebis des chaumières voisines

Broute , en laissant sa laine en tribut aux épines :

Lieux que ni le doux bruit des eaux pendant l'été ,

Ni le frémissement du feuillage agité,

M l'hymne aérien du ix)ssignol qui \eille,

Xe rappellent au cœur, n'enchantent pour l'oreille ;

Mais que, sous les rayons d'un ciel toujours d'airain,

La cigale assourdit de son cri souterrain.

Il est dans ces déseiis un toit rustique et sombre

Que la montagne seule abrite de son ombre.

Et dont les murs, battus par la pluie et les vents,

Portent leur âge écrit sur la mousse des ans.

Sur le seuil désuni de trois marches de pierre ,

Le hasaixl a planté les racines d'un lierre

Qui, redoublant cent fois ses nœuds entrelacés,

Cache l'afl^ront du temps sous ses bras élancés,

Et , recourbant en arc sa volute rustique ,

Fait le seul ornement du champêtre portique.

Un jardin, qui descend au revers d'un coteau,

T présente au couchant son sable altéré d*eau;

La pierre sans ciment, que Thiver a noircie.

En borne tristement Tenceinte rétrécie;

La terre,- que la bêche ouvre à chaque saison,

T montre à nu son sein sans ombre et sans gazon;

Kl tapis émaillés, ni cintres de verdure,

M ruisseau sous des bois, ni iralcheur, ni murmure ;

Sealement sept tilleuls par le soc oubliés.

Protégeant un peu d*herbe étendue à leurs pieds,

T versent dans Tautomne une ombre tiède et rare,

D*aatant plus douce au front sous un ciel plus avare ;

Aitres dont le sommeil et des songes si beaux

Dans mon heureuse enfance habitaient les rameaux !

Dans le champêtre enclos qui soupire après Tonde,

In puits dans le rocher cache son eau profonde.

Où le vieillard qui puise, après de longs efforts.

Dépose en gémissant son urne sur les bords;

toe aire où le fléau sur Targile étendue

Bat â coups cadencés la gerbe répandue.

Où la blanche colombe et Thumble passereau

Se disputent Tépi qu'oublia le râteau;

Et sur la terre épars des instruments rustiques,

D<^ joogs rompus, des chars dormant sous les portiques.

Des essieux dont Tornière a brisé les rayons.

Et des socs émoussés qu*ont usés les sillons.

Rien n'y console l'œil de sa prison stérile,

M les dômes dorés d'une superbe ville ,

M le chemin poudreux, ni le fleuve lointain,

M les toits blanchissants aux clartés du matin :

Sfulement, répandus de distance en distance,

De sauvages abris qu'habite l'indigence,

Le long d'étroits sentiers en désordre semés,

Montrent leur toit de chaume et leurs murs enfumés ,

Où le vieillard, assis au bord de sa demeure,

Dans son berceau de jonc endort l'enfant qui pleure ;

Enfin un sol sans ombre et des cieux sans couleur.

Et des vallons sans ondel... Et c'est là qu*est mon cœur !

Ce sont là les séjours, les sites, les rivages.

Dont mon àme attendrie évoque les images,

Et dont pendant les nuits mes songes les plus beaux

Pour enchanter mes yeux composent leurs tableaux 1

Là, chaque heure du jour, chaque aspect des montagnes.

Chaque son qui le soir s'élève des campagnes,

Chaque mois qui revient, comme un pas des saisons.

Reverdir ou faner les bois ou les gazons;

La lune qui décroît et s'arrondit dans Tombre,

L'étoile qui gravit sur la colline sombre,

Les troupeaux, des hauts lieux chassés par les frimas,

Des coteaux aux vallons descendant pas à pas.

Le vent, Tépine en fleurs, Therbe verte ou flétrie.

Le soc dans le sillon, l'onde dans la prairie,

Tout m'y parle une langue aux intimes accents.

Dont les mots entendus dans Tàme et dans les sens

Sont des bruits, des parfums, des foudres, des orages.

Des rochers, des torrents, et ces douces images.

Et ces vieux souvenirs dormant au fond de nous.

Qu'un site nous conserve et qu'il nous rend plus doux.

Là mon cœur en tout lieu se retrouve lui-même ,

Tout s'y souvient de moi, tout m'y connaît, tout m'aime!

Mon œil trouve un ami dans tout cet horizon ;

Chaque arbre a son histoire , et chaque pierre un nom.

Qu'importe que ce nom, comme Thèbe ou Palmyi*e,

Ne nous rappelle pas les fastes d'un empire ,

Le sang humain versé pour le choix des tyrans.

Ou ces fléaux de Dieu que l'homme appelle grands?

Ce site où la pensée a rattaché sa trame.

Ces lieux encor tout pleins des fastes de notre àme.

Sont aussi grands pour nous que ces champs du destin

Où naquit, où tomba quelque empire incertain :

Rien n'est vil ! rien n'est grand ! l'àme en est la mesure.

l n cœur palpîfe aa nom de quelque humble masure , Et sous les monuments des héros et des dieux Le pasteur passe et siCOe en détournant les yeux.

\o\\à le banc rustique où s'asseyait mon père, La :»alle où résonnait sa voix mâJe et sévère. Quand les pasteurs assis sur leurs socs renvei'sés Lui comptaient les sillons par chaque heure tracés. Ou (]u\Micor palpitant des scènes de sa gloire, Ih* réchafaud des rois il nous disait Thistoire, U , pknn du grand combat qu'il ayait combattu , En racontant sa vie enseignait la vertu ! \oiLi la place vide où ma mère à toute heure lu plus léger soupir sortait de sa demeure, Et. nous faisant porter ou la laine ou le pain, R*'\«Hait rindigence ou nourrissait la faim; V»il;i les toits de chaume où sa main attentive \»Tsail sur la blessure ou le miel ou l'olive, iMn rait près du chevet des vieillards expirants O» li\re où l'espérance est permise aux mourants, f^rucillait leurs soupii-s sur leur bouche oppressée , Faisait tourner vers Dieu leur dernière pensée. Et. tenant par la main les plus jeunes de nous, A la ^euve, à l'enfant, qui tombaient à genoux. Dirait , en essuyant les pleurs de leurs paupières :

Jh ^ous donne un peu d'or, rendez-leur vos prières! » ^oiid le seuil, à l'ombre, où son pied nous berçait, La liraiiche du flguier que sa main abaissait; \(>iri IVtroit sentier où, quand l'airain sonore ba(i> le temple lointain vibrait avec l'aurore, N'Mib montions sur sa trace à l'autel du Seigneur oiïrirdHux purs encens, innocence et bonheur! 0?»l ici que sa voix pieuse et solennelle V>Ub expliquait un Dieu que nous sentions en elle, El. nous montrant l'épi dans son germe enfermé, La grappe distillant son breuvage embaumé, La gêiit:>se en lait pur changeant le suc des plantes.

496 BÂRMONIES POÉTIQUES

Le rocher qui s'entr'ouyre aux sources ruisselantes, ' La laine des brebis, dérobée aux rameaux. Servant à tapisser les doux nids des oiseaux. Et le soleil exact à ses douze demeures Partageant aux climats les saisons et les heures, Et ces astres des nuits que Dieu seul peut compter. Mondes où la pensée ose à peine monter. Nous enseignait la foi par la reconnaissance. Et iiaisait admirer à notre simple enfance Gomment Tastre et Tinsecte invisible à nos yeux Avaient, ainsi que nous, leur père dans les cieuxl

Ces bruyères, ces champs, ces vignes, ces prairies.

Ont tous leurs souvenirs et leurs ombres chéries.

Là mes sœurs folâtraient, et le vent dans leurs jeux

Les suivait en jouant avec leurs blonds cheveux ;

Là, guidant les bergers aux sommets des collines.

J'allumais des bûchers de bois mort et d'épines.

Et mes yeux, suspendus aux flammes du foyer.

Passaient heure après heure à les voir ondoyer;

Là, contre la fureur de Taquilon rapide

Le saule caverneux nous prétait son tronc vide.

Et j'écoutais siffler dans son feuillage mort

Des brises dont mon àme a retenu l'accord.

Voilà le peuplier qui, penché sur l'abîme.

Dans la saison des nids nous berçait sur sa cime ,

Le ruisseau dans les prés , dont les donnantes eaux

Submergeaient lentement nos barques de roseaux,

Le chêne, le rocher, le moulin monotone,

Et le mur au soleil où, dans les jours d'automne.

Je venais sur la pierre, assis près des vieillards.

Suivre le jour qui meurt de mes derniers regards.

Tout est encor debout, tout renaît à sa place;

De nos pas sur le sable on suit encor la trace;

Rien ne manque à ces lieux qu'un cœur pour en jouir :

Mais, hélas! l'heure baisse, et va s'évanouir!

La Tie a dispersé, comïne Tëpi sur Taire, Loin da champ paternel les enfants et la mère, Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts D*où rhirondelle a fui pendant de longs hivers. D<^jà rherbe qui croît sur les dalles antiques Efface autour des murs les sentiers domestiques , Et le lierre , flottant comme un manteau de deuil , CouTre à demi la porte et rampe sur le seuil ; Bientôt peut-être... Écarte, ô mon Dieu, ce présage I Bientôt un étranger, inconnu du village, Viendra, For à la main, s'emparer de ces lieux, Quliabite encor pour nous Tombre de nos aïeux, Et d*où nos souvenirs des berceaux et des tombes SVnfuiront à sa voix, comme un nid de colombes Dont la hache a fauché Tarbre dans les forêts, Et qui ne savent plus où se poser après!

Ne permets pas. Seigneur, ce deuil et cet outrage! Ne àouflre pas, mon Dieu, que notre humble héritage Pas^ de mains en mains, troqué comme un vil prix. Comme le toit du vice ou le champ des proscrits ; Qu'un a\ide étranger vienne d'un pied superbe Fouler rhumble sillon de nos berceaux sur Therbe, Dépouiller l'orphelin, grossir, compter son or, Aui lieux où l'indigence avait seule un trésor, El blasphémer ton nom sous ces mêmes, portiques Où ma mère à nos voix enseignait des cantiques! Vh! que plutôt cent fois, aux vents abandonné. Le toit pende en lambeaux sur le mur incliné; Que les fleurs du tombeau, les mauves, les épines. Sur les parvis brisés germent dans les ruines; Que le lézard dormant s'y réchauffe au soleil, Que Philomèle y chante aux heures du sommeil. Que rhumble passereau, les colombes fidèles, Y rassemblent en paix leurs petits sous leurs ailes. Et que l'oiseau du ciel vienne bâtir son nid Aux lieux où l'innocence eut autrefois son lit !

Ah! si le nombre écrit soas Tceil des destinées Jusqu'aux cheyeux blanchis prolonge mes années, Pnissé-je, heureux yieillard, y Toir baisser mes jours Parmi ces monuments de mes simples amours ! Et, quand ces toits bénis et ces tristes décombres Ne seront plus pour moi peuplés que par des ombres, Y retrouver au moins dans les noms, dans les lieux. Tant d'êtres adorés disparus de mes yeux I Et vous qui survivrez à ma cendre glacée. Si vous voulez charmer ma dernière pensée. Un jour, élevez-moi... Non, ne m'élevez rien! Mais, près des lieux où dort Fhumble espoir du chrétien. Creusez-moi dans ces champs la couche que j'envie. Et ce dernier sillon où germe une autre vie I Étendez sur ma tête un lit d'herbe des champs Que l'agneau du hameau broute encore au printemps. Où l'oiseau dont mes sœurs ont peuplé ces asiles Vienne aimer et chanter durant mes nuits tranquilles. Là, pour marquer la place où vous m'allez coucher. Roulez de la montagne un fragment de rocher; Que nul ciseau surtout ne le taille et n'efface La mousse des vieux jours qui brunit sa surface. Et, d'hiver en hiver incrustée à ses flancs. Donne en lettre vivante une date à ses ans ! Point de siècle ou de nom sur cette agreste page ! Devant l'éternité tout siècle est du même âge. Et Celui dont la voix réveille le trépas Au défaut d'un vain nom ne nous oubliera pas ! Là, sous des cieux connus, sous les collines sombres Qui couvrirent jadis mon berceau de leurs ombres. Plus près du sol natal, de l'air et du soleil, D'un sommeil plus léger j'attendrai- le réveil ! Là ma cendre, mêlée à la terre qui m'aime. Retrouvera la vie avant mon esprit même, Verdira dans les prés, fleurira dans les fleurs. Boira des nuits d'été les parfums et les pleurs; • Et, quand du jour sans soir la première étincelle

Viendra m'y réveiller pour l'aurore éternelle,

En ouvrant mes regards je reverrai des lieux

Adorés de mon cœur et connus de mes yeux,

Les pierres du hameau, le clocher, la montagne.

Le lit sec da torrent et l'aride campagne ;

Et , rassemblant de l'œil tous les êtres chéris

Dont l'ombre près de moi dormait sous ces débris,

Atpc des sœurs, un père et l'âme d'une mère,

» laissant plus de cendre en dépôt à la terre ,

Comme le passager qui des vagues descend

Jette encore au navire un œil reconnaissant ,

^os voix diront ensemble à ces lieux pleins de charmes

L'adieu, le seul adieu qui n'aura point de larmes!

C<^ dans les Confidences qu*on retrouyera tout ce qui concerne cette Har- D'Oie. fj ai oublié seulement un trait. Le voici; il n*a d'intérôt qu*en

(^ond j^écrÎTÎs cette Harmonie, j^étais en Italie. Je renvoyai à ma mère : *.r ût que j'avais parlé d*un lierre qui tapissait, au nord, le mur humide et r*'id de la maison. Cétait une erreur, le lierre n*existait pas ; il n*y avait que ^ U oious^, des vignes vierges, des pariétaires. Ma mère, qui était la sincért- juM]Q'au scrupule, souffrit de ce petit mensonge poétique. Elle ne voulut ^*» que ton fils eût menti, même pour donner une couleur de plus à un uM-ii inu^pnaire ; elle planta de ses propres mains un lierre à Tendroit où il cn.'^V'^t- ^^09 doute que Dieu bénit ce petit plant et que les pluies d*hiver .arr/i*>n>ot;car, en peu d*années, il babilla complètement le mur. Ma mèra ■>»irjt; le lierre grandit toujours; et maintenant il est devenu si vigoureux, il niuiti''-, si touffu , si usurpateur de toute la maison , qu'il fait une corniche «"^ «t flottante au toit, et qu*il gène les persienncs du côté du nord. Les irn^-r^ et les paysans en coupent parfois des branches, en mémoire de SA iD^-re; mais il en repousse suffisamment pour couvrir tout un champ des

tr. 'VrlTsnt cette note, je ne puis m*empécher de faire un triste retour sur '^ VKisMtudes de la vie. Le lierre restera attaché à cette maison , et les enfants »^-ot (ur.-és de la quitter pour jamais. Milly sera sans doute vendu dans peu

Cboie étruige! le jour où j'écris cette note .i4 octobre 1819), j*ouTre un journal, et j*y lis ceci : « La Porte Ottomane fait une concession immense de terrain en Asie à H. de Lamartine, pour un éublissement agricole. > Si a^la est vrai , jUrai ; fy bâtirai un toit, je rappellerai Milly ; j*y emporterai un rpjet de ce lierre, je le planterai dans œ sol, et je retrouverai dans ses feuilles cette sève des larmes du cœur de ma mère, le faux Simois de Virgile !

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