‹ Œuvres de LamartineChapitre 37 sur 145 · INVOCATION DU POÈTE · texte numérisé non relu

INVOCATION DU POÈTE

\u nom sacré du Père, et du Fils, son image, Df-Mreods, Esprit des deux, Esprit qui d'âge en âge, Des harpes de Jessé chérissant les conceils. Par la Toix de la lyre instruisis Tunivers! N>it que, te balançant sur Taile des tempêtes. Tu lances tes éclairs dans les yeux des prophètes; >oit qu'aux boixls du Jourdain, à Tombre du palmier, To viennes sous les traits du tranquille ramier. Te posant sur le pied des lyres immortelles, N)us leur souffle sacré laisser frémir tes ailes ; Soit qu'en langues de feu, dans les airs suspendu, Sur le front de l'apôtre en secret descendu , Tu perces tout à coup , comme un jour sans aurore, De tes rayons divins son cœur qui doute encore. D^'bcends, je dois chanter I Mais que puis-je sans toi, 0 langue de l'esprit? Parle toi-même en moil <:Lante ces grands secrets que ton œil seul éclaire , LVritance, la vieillesse et la fin de la terre, U le» destins de l'âme, et cet arrêt fatal <jai va unir la lutte et du bien et du mal !

toi HARMONIES POÉTIQUES.

Qu'importe à tes regards la distance ou l'espace?

Au signe de tes yeux le temps naît ou s'efface,

El l'avenir tremblant, à ta voix enfante.

Passe derrière toi comme un siècle compté.

Je tremble en commençant que ma bouche profane.

De ton divin dc^lire indigne ou faible organe.

N'altère en les rendant tes célestes accords.

J'ai préparé pourtant et mon ftme et mon corps;

Et, pour orner l'argile où tu devais descendre.

J'ai jeûné, j'ai prié, j'ai veillé sous la cendre.

Tant que les songes faux par ton souffle écartés

Ont bera' ma jeunesse au soin des vanilt^.

Et qu'encore amoureux d'une molle harmonie.

Par l'ombre du péché mon âme fut ternie.

Attendant dans l'effroi l'heure de son retour.

Désirant et tremblant de voir naître le jour.

Tout plein du grand objet que ta grâce m'inspire.

De peur de la souiller j'ai respecté ma lyre.

Mais maintenant qu'assis au milieu de mes jours

J'en vois une moitié s'éclipser pour toujours.

Et l'autre, se hâtant sous le temps qui la presse.

De ses derniers festons dépouiller ma jeune«c,

11 est temps ! hâtons-nous de ravir à la mort

Le chant mjstérieux qui sur ma harpe dort!

Que le feu dont la flamme éclaire et purifie,.

Le charlïon qui brûla les lè>res d'Isaîe,

D'une bouche mortelle épure les accents.

Et que nos chants vers Dieu montent comme Fenceih

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