‹ Œuvres de LamartineChapitre 50 sur 145 · D'UNE MAISON DK CHARITÉ RÉCITATIF · texte numérisé non relu

D'UNE MAISON DK CHARITÉ RÉCITATIF

Le temple de Sîon était dans le silence ; Les saints h>innes dormaient sur les harpes de Dieu ; L^ foyers odorants que Tencensoir balance SVteignaient, et l'encens, comme un nuage immense, >Vle\ait en rampant sur les murs du saint lieu.

Les docteurs de la loi, les chefs de la prière, I Étaient assis dans leur orgueil ;

>ous leurs sourcils pensifs ils cachaient leur paupière. Ou lançaient sur la foule un superbe coup d'œil; L*ur voix interrogeait la timide jeunesse. Lfs rides de leur front témoignaient leur sagesse; R^-^Iiirant du Sina l'antique majesté, !>♦* Ipurs cheveux blanchis, de leur barbe touffue, Oïl croyait voir glisser sur leur poitrine nue La lumière et la charité , Comme des neiges des montagnes

Descendent, ô Sâron, sur tes humbles campagnes. Le jour et la fertilité !

Un enfant devant eux s'avança, plein de grâce: La foule, en Tadmirant, devant ses pas s'ouvrait.

Puis se refermait suh sa trace ;

Il semblait éclairer l'espace D'un jour surnaturel que lui seul ignorait.

Des ombres de sa chevelure Son front sortait, comme un rayon Échappé de la nuit obscure Éclaire un sévère horizon.

Ce front pur et mélancolique S'avançait sur l'œil inspiré.

Tel qu'un majestueux portique S'avance sur un seuil sacré.

L'éclair céleste de son âme S'adoucissait dans son œil pur, Comme une étoile dont la flamme Sort plus douce des flots d'azur.

11 parla : les sages doutèrent De leur orgueilleuse raison , Et les colonnes l'écoutèrent , Les colonnes de Salomon.

I>HEM1ÈRE voix.

0 meneilleuse histoire ! ô prodiges éti^anges Que la mèi*e à ses fils se plaît à raconter !

deuxiè;me voix.

Que disait cet enfant?

PREMIÈRE VOIX

Interrogez les anges :

Eux seuls pourraient le répéter.

DEUXIÈME VOIX

[)*où sortait ce Joas?

PREMIÈRE VOIX

De Tombre de la vie, De Texil, du silence et de la pauvreté.

DEUXIÈME VOIX

Gomment disparut-ii de la foule ravie?

PREMIÈRE VOIX

Il rentra dans Tobscurité.

Dans les humbles travaux d'une vie inconnue,

Coiume Faurore sous la nue.

Il se cacha vingt ans dans son humilité; On ne le revit plus qu'à la fin du mystôi*e,

Enseignant le ciel à la terre , Sur le sable ou sur l'eau semant la vérité ; Pub, traînant son supplice au sommet du Calvaiix^ , 1)0 rhomme qu'il aimait victime volontaire ,

Revêtir l'iniquité.

Arroser de son sang sa semence prospère , Et payer à son Père Le monde racheté.

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