‹ Œuvres de LamartineChapitre 87 sur 145 · SUR LA TOMBE DE M. AIMÉ MARTIN · texte numérisé non relu

SUR LA TOMBE DE M. AIMÉ MARTIN

coniractë parenté avec les âmes de Fénelon, de Jean-Jacques Rousseau et de Bernardin de Saint-F ierre : société spiritualiste, •génération intellectuelle de Platon, dont il aurait été si doux à noire ami de prévoir que les noms seraient prononcés sur son cercueil, comme ceux de ses parents dans Timmortalité.

Sa vie privée ne fut qu'une longue série d'amitiés. Il compta toujours parmi les plus illustres colle de M. Laine, ce ministre philosophe, digne, si les temps l'avaient permis, d'être un jour dans notre histoire nommé le Turgot de la liberté!

Parmi ces amitiés, ne faut-il pas compter au premier rang celle qu'il contracta avec le brave général Gazan, dont vous voyez les larmes tomber sur trois cendres à la fois devant vous, qu'il avait choisi, avec l'admirable prévoyance de son cœur, pour l'époux de sa ûlle adoptive, et qui lui rendit en sentiment filial ce qu'il lui avait donné en bonheur dans une épouse justement adorée?

Enfin, vous tous qui attestez, par votre concours ici, l'attachement qui vous unit à sa mémoire, est-il un seul d'entre vous qui ne se dise dans son cœur : <( Un des meilleurs d'entre nous nous a quittés? »

Quant à moi, qu'une amitié plus intime et plus privée encore unissait depuis vingt ans à ce frère de mon cœur et de mon choix, je puis dire que j'enferme avec lui dans ce sépulcre une part des meilleurs jours de mon passé, de mes plus sublimes conversations ici-bas, et de nos plus chères espérances de réunion dans le sein de ce Dieu qui a créé l'amitié pour faire supporter la lene, et qui a créé la mort pour faire regarder au delà du tombeau !

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