CHAPITRE l.V
aux dépens de qui il apparliendroit, il lui avoua I oui ; après quoi il dit: Madame, j’attends présentemenl mon arrêt ; daignez le prononcer, décidez de mon sort, Je pourrois, répondit Cinthia, m’offenser de la supercherie que vous m'avez faite; et, pour vous en punir, vous traiter comme mes autres amants; mais je vous la pardonne à cause de l'invention, et vous donne la préférence sur tous vos rivaux.
Je laisse à concevoir au lecteur le ravissement que ees derniers mots causèrent à mon ami, qui, tant ([lie dura le sarao , c’est-à-dire jusqu’au lendemain matin, ne cessa de donner des marques de sa reconnoissance a la lille de don Joachim. A peine eut- il quitté cette dame, qu’il accourut chez moi pour me faire part de sa joie. Il me rendit un million de grâces de lui avoir conseillé de jouer le rôle qu il avoit fait , en me disant que j’étois l’auteur de sa félicité. Enfin, quinze jours après, il épousa sa maîtresse, au préjudice de ses deux rivaux, qui dans le fond lui étoienl préférables.