CHAPITRE LXVIIJ
Don Chérubin, cle retour a Mexico, rend compte a don Juan de Scdzedo de son voyage. De la joie qu’eut ce secrétaire de le voir en état d’ctre son gendre. Du nouvel emploi qu’il lui fit obtenir , et du bon avis qu’il lui donna.
J’allai avec empressement trouver Salzedo pour J informer cle la rencontre imprévue que j’avois faite, et dont j avois oublie de lui faire le récit la veille. Je l’abordai avec une agitation qui lui apprit d’avance que j avois quelque nouvelle intéressante à lui annoncer. Qu’avez-vous, don Chérubin, me dit -il, pour être si ému? Vous seroit-il arrivé quelque chose d'extraordinaire ? Oui , Seigneur, lui repondis-je, et vous ne vous attendez pas au récit étonnant que j’ai à vous faire. En même temps je lui détaillai ce qui venoit de se passer au désert entre Monchique et moi.
Don Juan m’écouta sans m'interrompre; après quoi m’embrassant avec transport : Que cette nouvelle m’est agréable, s’écria-t-il ! L’obstacle qui s’opposoit au repos de ma vie est donc levé ! Rien ne peut plus nous empêcher de joindre les liens du sang à ceux de l’amitié. Je suis au comble de mes vœux. En vous parlant de cette sorte, poursuivit-il, je suppose que pour ma fdle tuu/n semper saucial pectus amor : car, si depuis que vous ne la voyez plus votre cœur s’étoit engage ailleurs, il seroit triste pour elle d’avoir un mari qui ne l’aimât point.