‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 25 sur 236 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Conversation curieuse de don Chérubin avec un précepteur biscayeti de ses amis. Fruit qu ’ il tire de cette conversation . Il entre au service d'une marquise. Caprice et goût singulier de cette dame pour les romans. Don Chérubin devient éperdument amoureux de sa maîtresse. F.ffet que produit son amour. Il la quitte cependant. Ses raisons.

Pavois fait connoissance avec un petit licencié biscayen, qui faisoit , comme moi , le métier de précepteur, et qui étoit alors aussi sur le pavé. Il se nommoit Carambola. 11 n’avoit pas la figure désagréable; mais il étoit si petit, qu’on l’auroit pu prendre pour un nain. Il avoit en récompense beaucoup d’esprit, et l’humeur fort enjouée. Il pensoit plaisamment, s'exprimoit de même, et ses expressions étoient encore relevées par l’accent de son pays.

J’aimois surtout à l’entendre lorsqu’il se mettoit en colère; et il ne falloit pour l’y mettre que parler devant lui des pères et des mères. Cette matière ne manquoit pas de l’échauffer. Les parents, disoit- il avec emportement, sont presque tous des ingrats. Ecoutez un père de famille : Je suis très content, dira-t-il, du précepteur de mon fils; aussi je prétends lui procurer un établissement solide; mais rien ne presse : il sera temps d’y penser après que j’aurai retiré mon fils d’entre ses mains. N’est-ce pas, ajoutoit Carambola, de même que s’il disoit : Je ue veux pas encore faire du bien à

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