CHAPITRE XX
Quel homme c étoit que don Pompeio. De V aveu sincère et de la proposition qu'il fit a donci Francisco , lorsqu'il l'eut épousée. Elle se console aisément de la supercherie de son mari.. Elle consent a ce qu'il lui propose.
Je n’eus pas besoin de presser don Pompeio de m’épouser; il en avoit une si grande impatience, qu il ne s’occupa, en arrivant à Grenade , que des démarchés qu’il falloit faire pour y parvenir. Nous nous mariâmes enfin; et le lendemain de nos noces nous eûmes ensemble un plaisant entretien.
Ma chère Francisca, me dit-il en m’embrassant avec tendresse, nous voici donc liés tous deux par les doux nœuds de l’hyménée. C’est à présent , ma mignonne , que nous devons nous parler à cœur ouvert : il n est permis qu’aux amants de mentir; il faut que les maris soient sincères. Je vais changer de style et ne vous rien celer. Quand je vous dis à Cordoue que j étuis un laquais supposé, et que l'amour m’avoit inspiré cette ruse pour m’introduire auprès de vous, je vous dis la vérité; mais lorsque j’empruntai le nom de don Pompeio de laCueva, je vous avouerai que je vous trompois, et que je me parois de ce beau nom pour rendre ma témérité plus excusable. Cependant, ajouta-t-il, si je ne suis pas d un sang noble , je ne sors pas non plus de la lie du peuple, le m’appelle Bartolome de Mortero, et je dois le |our