‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 116 sur 215 · A LA NONPAREILLE INFANTE DULCINÉE DU TOBOSO · texte numérisé non relu

A LA NONPAREILLE INFANTE DULCINÉE DU TOBOSO

« Si le loyal amour qui boult outre mesure és veines « de cettui vostre serf, me souffroit, 6 belle ingrate, « depiter en félonie encontre la vostre perfection et « souverain empire, tost prendrois vengeance par ouïe bli du mépris que faites de mes feux cuisans. Or « pensez peut-être, douce ennemie, qu’à rien autre ne « mets mon penser, si n’est à redresser torts, et punir «félons; mais jaçoit que chacun jour aye besoin de «mon corps contre d’outrageux géants, et que sou- « ventefois aye versé le sang de tels monstres, si n’a « pas pour ce délaissé le mien penser, dont l’aisle est « legere, de se remettre joyeusement en remembrance « les vostres tant belles parties, et qu’il fust captivé par « la plus excellente dame qui soit parmi les roynes de « liaulte sorte. Toutefois, û noble infante, daignez me « recevoir à merci, si j’ai commis quelque discourtoisie « envers vostre liaulte majesté et beauté royale. Et bien « le puis mériter, puisque toutes fautes par amour sont

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