‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 17 sur 215 · LIVRE V, C II AP. V. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE V, C II AP. V. 3i

voient qu'ils t'ii frémirent. Roland fut aussitôt sur son cheval, qu'il poussa du colé qu'il voyoit luir sa princesse. Rrandimart le suivit. Mais comme les dames, environnées de Lestrigons, avoient été obligées de se séparer l une de l'autre, les amants furent obligés d’en faire autant pour voler au secours de leurs maîtresses. Dans l’inquiétude où étoit le comte qu’ Angélique ne reçût quehjuc outrage, il fil un effort si prodigieux pour la joindre, qu'il sembloit que Bridedor sentît comme lui le péril où elle se trou voit. Il arriva fort à propos : un des Lestrigons avoit déjà saisi la bride du cheval de la princesse, qu'il entraînoit vers un bois, quand le paladin, fondant sur lui avec la dernière furie, lui coupa sa main profane du tranchant de Durandal ; puis il chargea les autres Lestrigons qui environnoient Angélique, et fit une étrange boucherie de ceux qui 11e se dérobèrent point à ses coups par une fuite assez prompte.

D'abord que Roland eut tiré la princesse d'un si grand danger, il suivit avec elle la route qu il avoit vu prendre à Rrandimart , dans le dessein de l'aider à délivrer aussi Fleur-de-Lys des mains de ce peuple barbare; mais la faim, qui les pressoit depuis long-temps, commençoit à leur ôter les forces dont ils avoient besoin pour cela. Heureusement le ciel, pour récompenser sans doute leur généreuse intention, leur fit trouver sur le chemin des fruits sauvages dont ils mangèrent. Ensuite ils en prirent autant qu’ils en pouvoient emporter, pour leur servir d'aliments tandis qu’ils se» roient dans ces lieux incultes.

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