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saire. Achevons donc cette aventure, puisque la lin ne dépend plus que de cetle circonstance.
En parlant ainsi, Brandiinart retourna dans le salon avec les dames. Il s'approcha du sépulcre, dont une tahle de marhre couvroit l'ouverture, il lut dessus ces paroles gravées en caractères d or: Niscience , ni trésor , ni beauté n'ont pu empêcher que je n aie etc rècluiU en ce funeste état. Voyons quel est ce mystère, dit le chevalier avec une impatience mêlée de curiosité. Mors, empoignant un gros anneau d'or qui servoit à lever la taille, il découvrit le tombeau. Il en sortit a l’instant un horrible dragon, qu’on ne pouvoit regarder sans frayeur. Il ouvrait une gueule épouvantable, qui poussoit un long sifflement, et montrait des dents à dévorer des chevaliers. Brandiinart à sa vue se retira brusquement avec émotion , et tirant son épée, il se disposoit à l'attaquer. Mais la dame du château, frémissant de son action, s’écria : Brave chevalier, au nom des dieux, 11e faites point ce que vous voulez faire; si vous tuez ce dragon, vous verrez dans le moment ce palais s'abîmer, et nous serons tous écrasés sous scs ruines. Estce là ce que vous m’avez promis ? Il est vrai , répondit Brandiinart, que je me suis engagé à embrasser le premier objet qui sortirait du sépulcre; je ne puis toutefois me résoudre à baiser cet horrible animal; je suis sûr qu'il me dévorera si je liens ma promesse. Surmontez cette crainte, reprit la dame; le ciel, protecteur de 1 innocence, couronnera d’un heureux succès votre entreprise; outre que c est le seul moyen de sort i 1 de ce château, vous devez cet effort à I intérêt d< votre maîtresse, que vous livrez par votre peu d’assu-
rance à une mort certaine. Cette dernière raison détermina le chevalier à faire ce qu’on exigeoit de lui, bien qu’il y sentît une extrême répugnance : s’il faut, disoit- il en lui -même, que je meure une fois, il vaut autant que ce soit à cette heure que dans un autre temps; du moins ma chère Fleur -de-Lys sortira du danger.
Alors, d’un visage pâle et d’une contenance mal assurée, il se rapproche du tombeau : la crainte le retient d’un coté, le courage le pousse de l’autre, et l’amour seul le détermine. Enfin il joint le dragon; et, se penchant sur lui, il lui donne le baiser qu’il croit lui devoir être funeste. Il lui sembla qu’il baisoit une chair de glace; mais un moment après, le monstre, se dépouillant de ses écailles, changea peu à peu de figure, et prit celle d’une fort belle dame. Aussi c’étoit la fée Febosile. Cette nymphe avoit édifié ce palais ; elle parut tout habillée de blanc; ses cheveux étoient blonds, ses yeux noirs, et les roses et les lys éelatoient sur son visage. Tandis que Brandimart, étonné d’une si charmante métamorphose, en paroissoit dans l’admiration , la nymphe lui rendit grâce de sa délivrance, et se montra fort sensible «à ce grand service. Le chevalier, qui croyoit lui devoir encore davantage de ce qu elle n’étoit pas restée dragon, la remercia dans les termes les plus touchants de l’avoir retiré du plus grand péril qu’il eût jamais couru. Il se fit entre eux un combat de reconnoissance qui avoit quelque chose de noble ; la dame du château eut part aussi à leurs remercîments ; et Fleur-de-Lys se joignit à leur entretien avec une joie encore plus vive que la leur.