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tlins Roland cl Renaud, qui sont les deux, pl us iermes appuis de l'empire romain, nous craindrions peu l’Espagne et I Afrique conjurées contre nous. Mais vous, Madame, ajouta-t-il, par quelle étrange aventure une beauté céleste comme la votre se trouve-t-ellc dans ce lieu désert?
Pendant qu’Olivier tenoit ce discours , la princesse marquoit quelque joie de ce qu elle apprenoit. Le marquis de Vienne lui étoit si connu, et si recommandable par les services qu’elle avoit reçus de ses deux fils, Aquilant et Grifon, et par les services même de Roland, que celte rencontre ne lui pouvoit être que fort agréable. Noble guerrier, répondit-elle au paladin, j'aecompagnois le comte d’Angers, qui est revenu en France pour secourir son empereur; le fils d’Aymon et lui se sont rencontres dans celle forêt; ils ont pris quertile ensemble, et leur combat est devenu si cruel, que je n’en ai pu soutenir la vue. Je vais implorer la protection de l’empereur, et je vous demande votre secours pour l’obtenir. Olivier repartit poliment à la princesse, et, comme il acbevoit de parler, l’empereur parut à la tête de toute sa cour. Le marquis alla au-devant de lui pour lui présenter Angélique, qui fut aussitôt reconnue de Charles et de ses courtisans, pour cette admirable étrangère qui avoit paru en France. L’empereur la reçut avec beaucoup d'affabilité; et quand ce prince apprit d'elle que les deux fameux cousins eloient aux mains dans la forêt : allons, s’écria-t-il , allons rompre leur combat. Quel temps prennent-ils pour prodiguer dans de vains démêlés un sang qu'ils doivent à la défense de l'empire et de la religion?
Roland l’Amoureux, n. 8
Alors Charlemagne, après avoir donné scs ordres pour faire continuer la marche de l’armée, voulut aller lui-même séparer les deux combattants ; jugeant bien qu’un autre que lui ne pourroit obtenir d’eux qu’ils missent les armes bas, il pria la princesse du Cathay de l’y conduire. Il la lit mettre à côté de lui, et à mesure qu’ils avançoient vers le lieu du combat des deux paladins, ils entendoient plus distinctement les coups épouvantables qu’ils se portaient. Chacun des courtisans couroit pour y arriver le premier. Ogier le Danois, Salomon de Bretagne, et Turpin, précédèrent tous les autres; mais ils n’osèrent séparer les deux rivaux, tant ils craignoient les terribles coups qu ils se déchargeoient. Aussitôt que l’empereur parut, Roland et Renaud, tout animés de fureur qu’ils étoient, cessèrent de se frapper, et s’éloignèrent l’un de l’autre par respect. Charles les embrassa tous deux. 11 témoigna de la joie au comte d’Angers de son retour; néanmoins, pour conserver la majesté de son rang, il lui fit des reproches sur la longueur de son absence.
Il voulut ensuite être instruit du sujet de son combat avec Renaud; et quand il sut que la charmante fille de Galafron, dont il apprit alors la naissance, en étoit la cause, il confia la garde de cette princesse au sage jNVune de Bavière, arrivé à la cour depuis la défaite de Rodomont, ordonnant à ce duc de la traiter avec toute la considération due à son rang. Pour les deux paladins, il leur défendit, sous peine de sa colère, de renouveler leur combat, leur promettant de prendre lui-même connoissance de leur différent, et de le régler suivant la plus exacte justice. Quoiqu’ils eussent lieu
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• le sc plaindre du procédé de 1 empereur, îlsn en murmurèrent point, soit qu'ils craignissent de s’attirer son ressentiment, soit que chacun espérât que Charles jugeroit en sa laveur. Roland comptoit sur les services qu'il avoil rendus;» sa princesse, et sur 1 aversion qu elle avoit témoignée pour Renaud; et ce dernier se llattoit qu’un retour de tendresse lui rendroit enfin le cœur de son amante.