LIVRE VI, CHAP. X
cet effet il n'a voit qu’à les toucher de l'écu d’Hector, où l'on voyoit peinte la fameuse aigle troyenne enlevant le beau Ganimède.
Une action généreuse est trop estimée d'un grand cœur pour qu'il néglige l'occasion de la faire. Le prince tartare ne tarda pas à retirer de leur assoupissement les trois chevaliers; il les toucha de son éeu, et ils reprirent le sentiment; Gradasse, Grifon et Aquilant, car c'étoient eux, se relevèrent fort étonnés de se trouver dans cet état ; ils ne se souvenoient presque plus de tout ce qui leur étoit arrivé dans ce palais. Andronie leur ayant appris qu'ils dévoient leur désenchantement au guerrier qu’ils voyoient devant eux , ils lui en rendirent mille grâces; après quoi ils prirent congé de la fée, qui amortit en leur faveur l’ardeur des flammes qui environnoient son château , pour qu’ils en pussent sortir impunément. Elle leur fit rendre aussi leurs chevaux, et en donna un des plus vigoureux au prince tartare.