LIVRE VT, CH AP. XIV. ibâ
à la justice du ciel. La noble fille d’Aymon, irritée de son lâche procédé, le joignit dans le temps qu'il s’efforçoit de raccommoder son casque, et lit voler sa tête nue d’un coup d'épée. Après s’être ainsi vengée, elle courut au secours de l'aimable prince, qui lui étoit déjà plus cher qu’elle ne le pensoit. Courage, généreux guerrier, s'écria-t-elle en s’approchant de lui, traitons ces perfides comme ds le méritent. Pinadore, Danifort et Morgant, qui avoient assez de peine à se défendre des coups de Roger, ne virent pas sans frémir arriver Bradamante. Danifort même quitta le combat pour aller rassembler plusieurs chevaliers maures qu’il voyoit courir dans la campagne après les chrétiens; mais il ne revint avec eux qu’à sa confusion, car Roger et la guerrière en tuèrent une partie, et mirent le reste en fuite. Ce ne fut pourtant qu’après un long combat qu'ils se virent débarrassés de leurs ennemis ; et ce qu’il y eut. de plus fâcheux, c'est que la sœur de Renaud fut blessée en plusieurs endroits, et séparée de son cher chevalier. Comme ils avoient été obligés de s’écarter l’un de l'autre en combattant, la nuit, qui survint, les empêcha de se rejoindre, et ils la passèrent à se chercher.
liOLAND L’AMOUREUX.