‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 91 sur 215 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Du clcpart de Brandimart et de Fleur-de-Lys de Metz , et de la rencontre que Jit le prince Roger de Graciasse et clc Mandricart.

La princesse de Lousachan avoit été si dangereusement malade, qu’elle fut très long-temps à reprendre ses forces. Cela fut cause que Brandimart et elle, lorsqu ils arrivèrent à Aix-la-Chapelle, n’y trouvèrent plus l’empereur. Il en étoit déjà parti pour aller au secours de Montauban. Ils prirent le chemin de cette dernière ville, et ils n’en étoient plus qu’à dix lieues, quand ils s’égarèrent dans une foret. Ils cherchèrent vainement leur route, et la nuit les surprit auprès cl’un hermitage où demeuroit un saint personnage qui, par la communication qu’il avoit avec le ciel, étoit instruit de mille choses secrètes , et préservoit souvent de très grands malheurs les personnes qui venoient le consulter.

Le prince d’Éluth et son épouse allèrent frapper à la porte de l’hermitage, qui leur fut ouverte par le solitaire, dont l’air vénérable inspiroit du respect. Mes enfants, leur dit-il avec douceur, ce n’est point le hasard qui vouS amène ici; la Providence, dont les ressorts sont impénétrables aux gens du siècle, se veut servir de vous pour prévenir la chute de l’empire romain. Le comte d’Angers, qui en est le plus ferme appui, est retenu dans un bois par les enchantements

Page 1