LIVRE VI, Cil A P. XV
de ma valeur, et «juaml il vous plaira, nous verrons qui de vous ou de moi mérite mieux d’en avoir la possession.
L’amant de Rradamante accepta le défi, et se disposent à combattre contre Mandricart ; mais s'apercevant que ce monarque 11'avoit point d épée , il lui en demanda la raison, et de quelle manière se pourroit taire leur combat. Si je 11'ai point d'épée, lui dit l’empereur tartare, c'est que j'ai lait serment de ne me servir d aucune épée que je 11'aie forcé Roland à me céder la sienne, qui m’est destinée. Durandal lut autrefois l’épée d'Hector, et je veux l'ajouter aux armes de ce prince que j'ai conquises. A 1 égard de notre combat, poursuivit-il, une des branches de cet orme, que vous voyez près d'ici , me suffira pour conserver mon droit. A ce discours, le roi (bradasse prit la parole: Mandricart, dit-il au Tartare, vous avez plus d’un concurrent dans votre entreprise; j'aspire comme vous à la conquête de Durandal, et vousne sauriez la posséder tranquillement sans m’avoir vaincu. 11 faut donc s’y résoudre, répliqua brusquement Mandricart, et il vaut mieux y travailler présentement, que de remettre la chose à un autre temps.
Graciasse et le fils d’Agrican, qui avoient fait ensemble tant de chemin en bonne intelligence, se brouillèrent pour Durandal, ([ue le guerrier qui la portoit n’étoit guère disposé à leur céder. Ils arrachèrent chacun une branche de l’orme avec quoi ils s’assaillirent sans ménagement, car le roi de Sericane étoit trop généreux pour se servir de son épée contre un ennemi qui n’en avoil point.
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