‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 95 sur 215 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Du combat de Gradasse et de Mandricart , et comment il fut interrompu.

Le prince Roger, qui avoit fait en vain tous ses efforts pour les empêcher d’en venir aux mains, les regardoit avec étonnement, et les estimoit les deux plus puissants guerriers de l'univers. Brandimart et Fleurde-Lys arrivèrent en ce lieu pendant le combat; ils alloient où l’hermite leur avoit enseigné qu’ils trouveroient Roland. Ils s’arrêtèrent, s’approchèrent du jeune Africain, et, après l’avoir salué civilement, lui demandèrent le sujet du combat qu’ils voyoient. Roger les ayant mis au fait, Brandimart lui dit en riant : Certes, il ne fut jamais de différent moins raisonnable. Ce se* roit dommage, ajouta-t-il, de laisser ces vaillants chevaliers se détruire l’un l’autre sans aucun avantage, même pour celui des deux qui seroit le vainqueur.

Cessez, courageux guerriers, continua le fils de Monodant, en adressant la parole aux deux rois, cessez de combattre inutilement pour une arme qu’un autre tient en sa possession. Si vous brûlez du noble désir d'avoir Durandal par votre valeur, c’est au comte d’Angers seul que vous devez la disputer; et je m'offre à vous conduire aux lieux où il est retenu par les charmes d'un enchanteur. Vous aurez même l’avantage de contribuer à sa délivrance, et vous en acquerrez plus de

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